Le télétravail pour réduire la demande de transport

Le télétravail est la norme! Combien de fois n'avons-nous pas entendu cette injonction durant cette période de confinement…

Plus facile à dire qu'à faire dans notre pays où les derniers chiffres "pré-confinement" affichaient un pourcentage de télétravailleurs réguliers inférieur à 20% [1] et où 56% des travailleurs déclaraient que leur employeur ne leur donne pas la possibilité de télétravailler [2] .

Les trajets domicile-lieu de travail représentent 19% [3] de l'ensemble de nos déplacements. Bien que ces trajets ne constituent pas  le premier motif de déplacement (ce sont - c'étaient - les loisirs), ils jouent un rôle important dans la congestion car ils sont très concentrés dans le temps et ils affichent un taux d'occupation des voitures très faible. La disparition des embouteillages et la réduction des émissions de CO2 qui en découle en sont les témoins.  En matière de déplacements domicile – travail, l’offre du télétravail est donc un exemple intéressant permettant de réduire la demande de transport.

Changer ses habitudes pour cette portion de nos déplacements est donc intéressant à plus d'un titre!

Dans le diagnostic fédéral des déplacements domicile–travail, une question a déjà été posée sur le télétravail depuis 2011, mais au niveau de l’entreprise et non au niveau de l’individu. C'est pourquoi en 2018, le SPF mobilité a mené une enquête auprès de 2000 travailleurs pour affiner ce lien entre télétravail et mobilité[4].

Dans cette enquête, 20% des personnes interrogées étaient persuadées que leur job est bel et bien compatible et 18% y étaient favorables si l’organisation du travail était quelque peu adaptée (modification des horaires, mise à disposition d’un ordinateur portable,..).

Nous avions donc 38% de travailleurs qui estimaient que dans le cadre de leur job, le télétravail était possible. Or, aujourd'hui, avec la crise sanitaire, on estime que 44% des personnes qui travaillent le font en télétravail. C'est un véritable potentiel sur lequel le Ministre wallon de la mobilité veut s'appuyer pour diminuer l'impact des trajets liés au travail sur la mobilité.

Task force en Wallonie

Pour donner une place plus importante au télétravail, le ministre Philippe Henry va mettre en place une task force pour développer le télétravail dans les administrations et le secteur privé.

"Si on active le potentiel de télétravail, cela représente 16,5% des kilomètres parcourus en heures de pointe", explique le ministre.

Côté employeur, il est certain que la réduction des coûts liés à l'immobilier sera un argument de poids pour envisager un déploiement à plus long terme du télétravail

Reste que découvrir le télé­travail dans le cadre d'un confinement ne peut servir de modèle pour développer une forme de travail qui assure de bonnes conditions de travail!

D'abord, parce que nous sommes peu nombreux à pouvoir nous offrir le luxe d'avoir une pièce consacrée au télétravail, mais aussi parce que bon nombre d'employeurs n'étaient pas prêts sur le plan matériel et technique. D'autre part, beaucoup de travailleurs ont dû "subir" une formation accélérée au travail à distance, avec de nouveaux logiciels notamment, sources de stress supplémentaire.

Beaucoup d'entre nous ont également expérimenté la jonglerie que représente le fait de télétravailler avec ses enfants.

Enfin, si le télétravail n'était pas plus développé avant la crise, c'est aussi parce que nous avons un rapport au travail particulier où l'employeur veut tout contrôler mais où aussi le travailleur a l'habitude de répondre présent sur les lieux de travail.

A la CSC, nous sommes d'avis que là où c'est possible et correctement encadré par la concertation sociale,  le télétravail peut être une des pistes pour réduire la demande de transport. Si les entreprises était soumises à une obligation de plan de transport - comme en Région de Bruxelles Capitale -, le télétravail ferait partie d'un panel de solutions auxquelles les entreprises doivent réfléchir et nous n'aurions pas eu à développer dans l'urgence des dispositifs quelques fois très boiteux pour les travailleurs!

 

Votre avis nous intéresse!

La cellule mobilité de la CSC recueille vos expériences pour enrichir le travail de concertation qui va se dérouler dans les prochaines semaines. Envoyez vos témoignages : mobilite@acv-csc.be

Voici quelques sujets qui nous intéressent :

  • Pensiez-vous que le télétravail était possible pour vous avant la crise?
  • Avez-vous envie de continuer à faire du télétravail après le confinement?
  • Pensez-vous que votre employeur va développer davantage le télétravail après la crise?
  • Votre employeur a mis en place le télétravail très rapidement, quelles sont les mesures qui pourraient rester après le confinement, quelles sont celles qui doivent être prises, quelles sont celles qui doivent disparaître?
  • Quelles seraient les adaptations indispensables à demander à votre employeur si vous deviez continuer à télétravailler de façon régulière?
  • Sur quels éléments les employeurs et travailleurs devraient-ils se concerter prioritairement en matière de télétravail dans votre entreprise?

 

 



[1] L'enquête du SPF mobilité en 2018  relevait près de 17% des travailleurs qui font du télétravail. La plupart, c’est-à-dire 12%, télétravaillent en moyenne 1 jour par semaine, suivis par presque 4% qui télétravaillent 2 jours par semaine.
[2] https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/resources/files/chiffres_cles_teletravail.pd
[3] Enquête Molitor https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/resources/files/partie_mobilite_novembre_2019_final.pdf
[4] https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/resources/files/chiffres_cles_teletravail.pdf

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