Au travail à vélo: améliorer la sécurité des cyclistes

La sécurité des cyclistes sur le chemin du travail, c'est aussi une affaire syndicale… Voici quelques exemples de mesures à proposer dans votre entreprise pour rendre plus sûrs les trajets à vélo de vos collègues.

Dans toutes les régions du pays, nous sommes de plus en plus nombreux.euses à enfourcher un vélo pour nous rendre au travail. Le nombre de navetteurs cyclistes en Belgique s'élevait en moyenne à 11,1% lors du dernier diagnostic fédéral de mobilité de 2017.  Même si la progression de cette part modale est beaucoup plus lente en Wallonie qu'en Flandre ou à Bruxelles, le vélo gagne partout en popularité. Cette bonne nouvelle cache pourtant une dure réalité: le nombre d'accidents impliquant les cyclistes est lui aussi en augmentation.

C’est pourquoi, lors d'une récente formation, des délégués en CCPT, CE ou DS ont listé une série de mesures qui contribuent à diminuer le risque d'accidents pour les déplacements liés au travail et qui peuvent faire l'objet d'une négociation dans l'entreprise.

Des entreprises vélo-actives

Pas mal d’entreprises aujourd’hui sont fières d'afficher leur contribution à un environnement plus sain en encourageant  les déplacements en vélo. Début février, une vingtaine d’entreprises wallonnes ont d’ailleurs été récompensées du label «vélo-actif 2019» pour leurs efforts en matière de promotion du vélo dans le cadre des déplacements domicile-travail. Mais encourager ses travailleurs à venir au travail en vélo implique que l’on soit attentif à leur sécurité…

Les délégué.e.s ont donc un rôle à jouer pour proposer et négocier une série de mesures d’accompagnement, pas forcément très coûteuses.

  • La base : un équipement de sécurité

    Casque,  gilet fluorescent, feux ou lampes, mais aussi bonnets, gants, vestes, maillots: les fabricants sont de plus en plus créatifs pour équiper les cyclistes en matériel réfléchissant. Le vélo peut lui aussi (en plus de disposer des équipements obligatoires: catadioptres, freins, sonnette,..) afficher des couleurs supplémentaires réfléchissantes ou lumineuses. Le logo de l'entreprise sur ces équipements constitue un argument utile.

  • Des itinéraires adaptés

    Le chemin du travail le plus court n'est pas forcément le plus sûr. Avec la collaboration de collègues expérimentés ou l'aide d'associations telles que le Gracq, Provelo, Vias… on peut proposer aux travailleurs.euses de composer des itinéraires personnalisés: repérer les pistes cyclables, emprunter des SUL (sens uniques limités), contourner les points noirs dans le trafic,..

  • A vélo dans le trafic

    On peut être à l'aise sur un vélo et se sentir en danger dès qu'il y a du trafic. Des formations de courte durée peuvent être organisées pour que les cyclistes adoptent les bons comportements et soient conscients des risques particuliers  liées à l'usage du vélo. Ces formations permettent de réduire considérablement le risque d'accidents.

  • Un vélo bien entretenu

Les freins, les pneus…, un peu de mécanique au service d'une meilleure tenue sur la route. Pourquoi ne pas proposer ce service au sein de l'entreprise ou organiser des formations pratiques sur le lieu de travail?

Le printemps de la mobilité ou la semaine de la mobilité en Wallonie sont des moments favorables pour tester l'intérêt de ces mesures auprès du personnel. L'opération "Tous vélos actifs" est un excellent interlocuteur pour les employeurs et mobility managers qui souhaitent être aidés dans ces initiatives.

Manque criant d’infrastructures

Le risque d'accident sur le chemin du travail quand on est cycliste est indéniablement un frein pour les militants de la CSC que nous avons interrogés. Mais les mesures ci-dessus peuvent aider à réduire ce risque. Les cellules mobilité syndicales (mobilite@acv-csc.be) peuvent à ce sujet vous aider pour mettre ces points à l'ordre du jour de la concertation

Ce travail syndical ne doit pas occulter le retard important et le besoin criant en matière d'infrastructures adaptées en Wallonie (pistes cyclables, sites propres,..). Les engagements prévus dans la nouvelle déclaration de politique environnementale de la Wallonie contribueront-ils à diminuer significativement les dangers? «Dans la déclaration de politique régionale, nous avons quadruplé le budget consacré au vélo. Il atteint désormais 20 euros par habitant et par an», commente-t-on au cabinet du ministre Henry, en charge de la mobilité dans le Gouvernement wallon.

 

Personalization