Unis, nous sommes plus forts!

Sous l’impulsion des délégués CSC, un front commun solide s’est mis en place. La clé du succès syndical chez Baxter!

Très active dans le secteur des soins, Baxter est particulièrement connue pour les perfusions omniprésentes dans nos hôpitaux. En Belgique, l'entreprise emploie sur son site de Lessines près de 900 travailleuses et travailleurs. L’équipe syndicale CSC y est très active depuis plusieurs années, luttant pour le respect de la législation sur le travail et pour plus de justice sociale dans l’entreprise. Ses membres nous racontent leurs combats syndicaux de ces dernières années et nous expliquent comment ils ont structuré leur action.

La CSC est le syndicat majoritaire chez Baxter, les délégués se partageant les mandats syndicaux avec la FGTB. Sous l’impulsion des délégués CSC, un front commun solide s’est mis en place: «Le front commun existe depuis quelques années maintenant et il se renforce continuellement. Nous n’avons pas toujours la même approche que la FGTB, mais nous savons qu’unis, nous sommes plus forts. C’est pour ça que les délégués CSC ont initié la mise en place de ce front commun et oeuvrent activement pour le faire vivre

Chez les représentants des travailleurs CSC de Baxter, il n’y a pas de différence de traitement: «Ici, la délégation CSC ne fait pas de distinction: un travailleur est un travailleur. Qu’il soit ouvrier ou employé, il a le droit d’être représenté et défendu!»

En front commun

Ce front commun, dont sont fiers les délégués CSC, a vu le jour suite au besoin criant de contrer une politique patronale abusive ignorant le plus souvent la concertation sociale. «Durant de trop longues années, l’employeur n’en faisait qu’à sa tête et nos revendications n’étaient presque jamais écoutées. Il nous est alors apparu indispensable de mettre tous les acteurs syndicaux autour de la table et de travailler tous ensemble dans la même direction, avec des revendications et des objectifs soutenus et défendus par tous. Il fallait construire un rapport de force qui nous était favorable et c’est ce que nous avons fait

Mais, malgré la rédaction d’un cahier de revendication en front commun, la direction a continué à faire la sourde oreille. Et pourtant, ces revendications n’étaient pas anecdotiques: clarifier les conditions et normaliser les procédures d’évaluation des travailleurs intérimaires; modifier le règlement de travail sur les pénalités et la gestion de l’absentéisme (l’absentéisme était alors un motif de licenciement chez Baxter!), etc.

L'intérim chez Baxter

Le recours aux intérimaires chez Baxter est très important. Au mois d’août 2019 par exemple, il y avait quelques 163 intérimaires, soit l’équivalent de 60 temps-plein. «Un de nos combats a été de revendiquer que les travailleurs obtiennent un contrat (CDD ou CDI) au terme d’une certaine période d’occupation dans l’entreprise, car certains travailleurs étaient présents dans l’entreprise depuis quatre ou cinq ans sous contrat intérimaire, une situation qui était intolérable pour la délégation syndicale! Nous avons obtenu qu’après deux ans d’occupation comme intérimaire, le travailleur se voie octroyer un contrat chez Baxter.»

La direction, sans doute fâchée d’avoir perdu ce combat, est allée à la rencontre de ces intérimaires les plus anciens, leur expliquant qu’à cause des syndicats, «ils allaient perdre leur travail car Baxter ne pouvait pas se permettre de leur offrir un contrat autre que celui d’intérimaire. Nous avons donc dû leur expliquer que nous nous battions pour limiter les contrats précaires et leur obtenir un emploi de qualité, avec une sécurité de revenus plus grande. Avec un tel nombre d’intérimaires, nous savions qu’il était possible de trouver des solutions et de proposer des contrats aux plus anciens d’entre eux. À l’époque, la direction nous avait répondu qu’elle recourait à l’intérim pour répondre aux pics de commandes et qu’elle ne pouvait se permettre d’embaucher des travailleurs pour qui elle n’aurait pas de travail durant les périodes creuses.  Mais, lorsque l’on voit qu’en moyenne plus de 150 intérimaires sont occupés toute l’année, on se dit que même lors des périodes creuses, il y a du travail pour tout le monde!»

De plus, concernant la question des intérimaires, la direction ne respectait pas la législation. «L’accord de la délégation syndicale pour le recours à des intérimaires n’était jamais demandé. Nous recevions aussi la liste des intérimaires avec beaucoup de retard. La CCT 108 n’était pas non plus respectée au sein de l’entreprise avec pour conséquence une tendance à l’affaiblissement de l’action syndicale. Bref, il fallait mettre de l’ordre dans tout ça!»

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