Supprimer ou corriger les flexi-jobs, mais surtout pas les élargir

L’Open VLD veut introduire une proposition de loi permettant aux demandeurs d’emploi de prendre un flexi-job. Il y a quelque temps, le parti avait déjà demandé d’élargir le système à l’ensemble du secteur privé. Pour la CSC Alimentation et Services, c’est inacceptable. Le rapport critique de la Cour des Comptes démontre que ce système de contrats hyperflexibles est source de nombreux problèmes.

Nous demandons de ne pas sous-estimer les conséquences néfastes de ce type de mesures. Les flexi-jobs comportent de réels dangers. En voici quelques-uns:

  • Les flexi-jobs constituent en réalité des contrats à l’appel, à savoir que l’employeur peut appeler ou renvoyer le travailleur à tout moment. Il n’y a pas de prestation minimum.
  • Le salaire est inférieur au salaire minimum sectoriel. Lors de l’instauration du système dans l’horeca, le gouvernement a mis la concertation sociale hors-jeu. Le salaire-flexi minimum dans l’horeca s’élève à 10,08 euros de l’heure (pécule de vacances compris). Les barèmes salariaux qui ont été négociés au niveau du secteur ne sont pas pris en compte. Un chef-cuisinier avec un statut ordinaire a donc droit à un autre salaire minimum  qu’un chef-cuisinier en flexi-job. Non pas sur base des compétences, de l’expérience ou des efforts fournis, mais sur base d’un statut.
  • Les flexi-jobs sapent la sécurité sociale. Ceux qui travaillent en flexi-job, constituent des droits sociaux complets, sans payer des cotisations sociales. Selon la Cour des Comptes, 35,3% des flexi-jobs ne sont pas de nouveaux emplois, mais une conversion des emplois existants, ce qui résulte en moins de recettes pour la sécurité sociale.
  • Les flexi-jobs entrent en concurrence avec les emplois fixes, étant donné qu’ils sont meilleur marché. La Cour des Comptes affirme que les flexi-jobs ne servent pas vraiment à faire face aux périodes chargées, mais à être utilisés tout au long de l’année.

L’Open VLD ne semble pas comprendre le rapport de la Cour des Comptes. Il est à espérer que les autres politiques changent leur vision sur base de ce rapport. De préférence en supprimant les flexi-jobs. Ou en apportant au moins des modifications importantes, avec entre autres des cotisations sociales à part entière, des salaires minimums sectoriels, et en enlevant les erreurs systémiques. Surtout n’élargissons pas ce système.

 

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