Philippe Dolhen

Philippe Dolhen, instituteur à l’Institut St Joseph Ciney, délégué aux CPPT et CE

«L’éducation, depuis la petite enfance jusqu’à l’enseignement supérieur, est un droit humain fondamental et un bien public. Hélas, les écoles sont en train de devenir un lieu de business pour les entreprises privées. La commercialisation et la privatisation des services dans l’enseignement ont des  répercussions négatives sur les enfants et les étudiants, les enseignants et le personnel des écoles. De facto, cela engendre des coûts supplémentaires pour les parents.

Un restaurant d’école repris par une société privée voit généralement une diminution de la qualité de ses repas, l’augmentation du coût répercutée sur les parents et une réduction de son personnel. Le prêt de livres est de plus en plus souvent remplacé par des sociétés marchandes qui vendent les livres aux élèves sans plus aucune dimension sociale. Le soutien scolaire se privatise alors que la remédiation devrait se faire par les enseignants au sein de l’école, sans coût supplémentaire pour les parents. Les écoles sous-traitent de plus en plus de services au privé alors que ces services devraient rester dans le domaine public.

Les élèves sont considérés comme des consommateurs et les parents comme des clients. Avec comme conséquence que les écoles, de plus en plus mises en concurrence, se comportent comme des entreprises marchandes qui doivent attirer le client et les directeurs d’école comme des patrons du monde marchand. Des marques sponsorisent des tournois de foot ou un cross d’écoles en offrant un sac à chaque enfant avec notamment un bon d’achat… Il ne faut pas nous faire croire que les entreprises privées investissent dans l’enseignement par générosité ou pour la beauté du geste… sans espérer un retour sur investissement.»

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