Finalement, les Elections sociales auront lieu du 16 au 29 novembre 2020

Finalement, les Elections sociales auront lieu du 16 au 29 novembre 2020. C’est l’occasion pour nous de vous en rappeler l’importance et les principaux reproches faits par les employeurs à leur égard. 
Le jour du vote, certains employeurs voient comme une perte financière le fait que les travailleurs quittent leur poste de travail pour aller voter.  


La majeure partie du coût global est constitué du coût salarial relatif à la coordination de la procédure et aux opérations de vote. Mais même si ces opérations doivent se dérouler dans les locaux de l’employeur, pendant les heures de travail d’un jour ouvrable avec des bureaux de vote, il y a moyen d’être parfaitement organisé pour limiter les frais. Et qu’est-ce que ce coût au regard du gain futur en terme de paix sociale acquise par l’attractivité pour les travailleurs de la démocratie sociale et du sentiment de participer à un moment collectif d’expression de la volonté des travailleurs ? 


Certains employeurs ont encore une autre source d'inquiétude. Il est fréquent que des patrons qui ne connaissent pas les CE et CPPT ne veulent pas partager leur pouvoir de décision. Ils voient l’arrivée des syndicats comme la remise en question de leur autorité. Cette arrivée ne limite pourtant que quelque peu la décision unilatérale de l'employeur puisqu'il sera désormais tenu, dans une certaine mesure, de discuter et de prendre en compte l'avis des représentants des employés. 


L’idée n’est pas de se substituer à l’autorité de l’employeur. Rappelons que les compétences des organes CE et CPPT sont limitées même si elles touchent des matières qui peuvent sembler vastes. Par exemple, le CPPT a essentiellement pour mission de rechercher et de proposer tous les moyens, et de contribuer activement à tout ce qui est entrepris, pour favoriser le bien-être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail. Ceci consiste à émettre un avis préalable, à donner un accord préalable, à développer des propositions, à avoir un droit d’information, à désigner une délégation et à avoir quelques compétences spécifiques. Qui, autres que les travailleurs connaissent bien ou mieux les conditions de travail imposées par l’employeur et sont plus habilités à en parler ? 


Autre reproche souvent et récemment exprimé par les employeurs et récemment reformulé : la protection contre le licenciement dont jouissent les candidats aux élections sociales, qu'ils soient élus ou pas, et qui peut monter jusqu'à huit ans de salaire d'indemnités dans les cas extrêmes. « Les durées de protection sont totalement exagérées. Deux années de protection pour quelqu'un qui n'est même pas élu ! » Si tous les employeurs reconnaissaient le fait syndical, il serait superflu d’accorder une protection aux représentants des travailleurs. Trop souvent, nous constatons que ceux qui ont une responsabilité au niveau de l’entreprise font l’objet de tracasseries, de mesquineries, de préjudices, de blocage dans leur carrière, voire de licenciement. Il est dès lors important de les protéger contre l’arbitraire des employeurs ou des responsables de GRH. Et ne croyez pas que ce soit inutile. Car pour ceux qui ne voient que par l’argent, la hauteur des indemnités peut être un repoussoir. 
Martine Le Garroy 


Martine le Garroy

Personalization