L’indispensable égalité ou le pari de l’égalité

Les femmes, un enjeu majeur des élections sociales… Mais pourquoi est-ce important de mettre des travailleuses sur les listes et pourquoi faut-il voter pour elles ? 58% des employés concernés par les élections sociales sont des employées et elles représentent 65% des affiliés de la CNE

Le processus d’émancipation des femmes est un élément essentiel de l’émancipation de tous les travailleurs et constitue une des conditions de sa réussite.
L’égalité professionnelle entre les femmes et hommes fait l’objet de dispositions légales pour les entreprises. Mais il faut aussi se pencher sur les situations et les conditions de travail différenciées. L’égalité professionnelle est souvent réduite à l’égalité salariale, l’espérance de carrière, le temps partiel, sous l’angle de la discrimination directe et de l’emploi. Or, les inégalités entre les femmes et les hommes ne concernent pas seulement les conditions d’emploi mais aussi les situations et les conditions de travail, compte tenu notamment :
de la ségrégation des emplois, avec d’un côté des métiers à prédominance féminine (aide-soignantes, infirmières, puéricultrices, aides familiales etc.) et de l’autre, des métiers à prédominance masculine?;
de parcours professionnels différents pour les femmes et pour les hommes à cause des stéréotypes persistants ;
des expositions différentes aux risques et à la pénibilité au travail avec des risques spécifiques peu analysés et donc une invisibilité de ces derniers plus marquée pour les secteurs à prédominance féminine ;
d’un cumul différencié des charges professionnelles et familiales en lien avec des contraintes de temps de travail différentes pour les femmes et pour les hommes ;
d’une invisibilité des pénibilités, risques et violences dans certains emplois ;
des pratiques RH favorisant des inégalités de carrière (parcours stagnants, critères d'ancienneté, de disponibilité, etc.) qui freinent les évolutions de carrière.
Il existe un déficit de reconnaissance de l’exposition à la tension au travail plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Ce qui fait la plus grande différence entre les femmes et les hommes, c’est le moindre niveau d’autonomie dont disposent les femmes dans leurs emplois. Ces différences de conditions de travail ont un impact sur la santé au travail des femmes qui sont plus exposées aux troubles musculosquelettiques (TMS), aux risques psychosociaux (RPS), et à l’usure professionnelle. Dans leur travail, les femmes sont autant exposées à la pénibilité physique et/ou mentale que les hommes, mais celle-ci est souvent moins visible et donc moins prise en compte. Les métiers des femmes ont longtemps été considérés comme « légers » contrairement aux métiers dits « lourds » et à prédominance masculine. Les évolutions de la sinistralité pour les femmes progressent pour les accidents de travail et sur le chemin du travail suggérant que la prévention des risques dans les secteurs à prédominance féminine n’est pas assez développée. Il est essentiel de tenir compte des réalités de travail des femmes et des hommes, c’est pourquoi il faut des équipes syndicales qui mobilisent les compétences et les savoir-faire de chacune et chacun. Les réalités des uns et des autres peuvent entraîner des différences quant à la manière d’appréhender certaines questions : la manière de s’engager, de traiter un sujet, d’organiser ou de mener une réunion, d’établir des contacts, de prendre des décisions, de négocier des accords… Respecter la parité sur les listes, voter pour des travailleuses, autant d’actions en faveur de l’essor de l’égalité professionnelle.  
Cette égalité est un facteur de cohésion et d’amélioration de la qualité de vie au travail, de la performance, de l’image de l’entreprise auprès de sa clientèle et de ses travailleurs. 
Voter pour des travailleuses, c’est aussi donner un chance aux listes CSC-CNE car les femmes, une fois candidates, ont une propension plus grande que les hommes à être effectivement élues.
 
Martine le Garroy

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