Belfius : aux côtés des affiliés

Le 15 juin, le conseil d’entreprise de Belfius annonce une restructuration avec un impact particulier sur la Wallonie picarde et Mons. L’ensemble des agences de cette région sont soit transférées vers le réseau indépendant soit fermées. L’impact social concerne plus de 25 collaborateurs. Ils seront informés, épaulés et guidés par l’équipe syndicale CNE. Rencontre avec deux de leurs membres.

En quoi ce dossier était difficile ? 
 

La difficulté principale était de recaser des collègues ayant toujours travaillé près de chez eux, dans les mêmes conditions. Quelques-uns d’entre eux ont été repris par le réseau indépendant. En contre–partie de cette restructuration, le réseau salarié Belfius reçoit trois agences dans la région de Charleroi mais vu l’éloignement par rapport à la région de la Wallonie picarde, ce n’était pas une solution envisageable pour les travailleurs concernés. 

Comment s’est déroulée l’annonce ? 

L’annonce a eu lieu au CE en juin et la même journée, l’ensemble des collaborateurs concernés a été informé. D’ici le 1er octobre, les fermetures seront effectives et le transfert vers le réseau indépendant aura lieu le 1er janvier 2019. Dès l’annonce, la délégation CNE a pris la décision de rendre visite aux collègues concernés dans les jours suivants.

Quel est le rôle de la délégation à ce moment-là ?

Il faut être là pour les gens, surtout les écouter au départ et puis, répondre à leurs questions, comprendre leurs besoins. Différentes options leur étaient possibles et chacun d’entre eux doit être aiguillé de la meilleure des manières. Pour ceux qui voulaient rester dans la banque, il fallait les conseiller sur les possibilités en interne, les inciter à garder confiance en eux et à ne pas se décourager. Il s’agissait de conseils comportementaux aussi. Et puis, c’est relever aussi ce qui ne va pas. Certaines informations fournies par la direction étaient erronées et nous avons été nous plaindre auprès de la direction des ressources humaines pour récupérer des informations justes et fiables.

Cela s’est-il déroulé en différentes étapes ?

Il y a d’abord une première phase d’information. Nous devions donner notre avis au conseil d’entreprise suivant, le 20 juillet. Il a fallu faire le tour de toutes les agences wallonnes pour expliquer la situation et une solidarité s’est créée. Le personnel concerné a explicitement demandé de ne pas faire grève pour préserver la chance de retrouver une place dans le réseau indépendant en sachant que la décision de restructuration était irrévocable. C’était une décision unilatérale de la direction. Nous ne sommes pas partie prenante pour la partie commerciale de la banque. Dès que l’avis est donné, la banque peut commencer la procédure. 
Ensuite, il y a eu une 2ème phase de consolidation : les gens commençaient à avoir une idée précise de leur avenir et donc les questions sont devenues de plus en plus précises. Certaines situations sont devenues inédites au gré des interventions et il y a eu de nombreux allers-retours avec la GRH pour dépatouiller certains dossiers difficiles. 

Comment s’est terminé le processus ?

Heureusement que nous avions négocié une CCT Mobility Center pour les personnes qui perdent leur fonction. Il leur est proposé de faire le deuil pendant trois mois, de trouver une reconversion interne ou externe pendant six mois, encadrés par des professionnels internes et externes. Si finalement ils quittent la banque, un budget formation de 5.000€ leur est débloqué, valable pendant deux ans. Finalement, presque tous les travailleurs ont trouvé une solution qui leur convenait. Quelques dossiers restent délicats mais les autres ont trouvé des issues.

Comment en ressort l’équipe syndicale ?

Nous sommes fiers d’avoir pu être à l’écoute et d’avoir trouvé des solutions pour des gens dans cette situation. Emotionnellement, ce fut difficile car nous avons écouté tous les travailleurs concernés. Il a fallu être présent sur le terrain, bien connaître les dossiers et les CCT mais surtout prendre le temps d’écouter chaque personne individuellement pour lui proposer la solution la plus adaptée. Quelque part, le sentiment est positif de sortir avec des solutions, certes jamais idéales, mais des solutions acceptables pour la plupart des collègues par rapport à des situations pareilles.

Propos recueillis par Alice Mazy

 

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