Pensions : où en sommes-nous ?

 

Dans le flot d’informations contradictoires de ces derniers jours, il est difficile de savoir où en sont vraiment les réformes des pensions voulues par le gouvernement. Tentons ici de répondre à trois questions simples : que voulons-nous ? Où en sommes-nous ? Qu’allons-nous faire ?


QUE VOULONS-NOUS ?

Nous voulons, pour toutes et tous, le droit à une vie digne après le travail. Cela suppose de pouvoir ralentir et s’arrêter à temps, avant d’être invalide ou épuisé, et de disposer d’une pension sûre et suffisante, bien au-dessus du seuil de pauvreté.
 Aucune pension ne devrait être inférieure à 1.500€ par mois ; et cette pension doit venir de la Sécu, et non pas des formules privées « complémentaires » qui ne sont, par définition, que des compléments réservés aux plus fortunés. Est-ce possible, budgétairement parlant ? La réponse (oui !) est développée en page 11.

 

OU EN SOMMES-NOUS ?

Ce gouvernement a pris très rapidement, sans concertation avec personne, plusieurs mesures très négatives : en relevant l’âge légal de la pension à 67 ans et en rendant quasiment impossible les départs anticipés, il prolonge nos carrières de 2 à 7 ans. Il a également pris des mesures qui diminuent le montant de nos futures pensions (saut d’index : 2% de revenus perdus pour toute la vie ; moindre assimilations de périodes d’arrêt, etc.).

 Il avait sur l’établi deux autres grands chantiers : le passage à un système de pensions « à points » et une discussion sur les « métiers pénibles » pour qui on compenserait (en partie ?) l’important allongement des carrières.
 Sur la « pension à points », on peut se réjouir que nos mobilisations (par exemple la manifestation massive de ce 16 mai – cfr p.5) ont fait reculer Daniel « Bas-de-Laine » : il est clair que les travailleurs et travailleuses veulent une pension sûre en Euros, pas une pochette-surprise en « points ». C’est une victoire importante – même si on sait que le prochain gouvernement, s’il est formé par le MR et la N-VA, voudra réattaquer.

 Sur la pénibilité, c’est le cirque complet. Le Ministre a discuté durant 6 mois avec les syndicats des secteurs publics pour arriver à un projet d’accord avec une partie des syndicats. D. Bacquelaine espérait ensuite imposer, en quelques semaines, un système identique au secteur privé. Il est tombé sur deux os ! D’un côté, l’ensemble des syndicats a refusé le cadre qu’il voulait imposer. Négocier une vraie reconnaissance de la pénibilité, oui ; se partager des miettes dans un simulacre de concertation : non ! (lire l’encadré).
 D’un autre côté, la N-VA a sèchement désavoué le Ministre des Pensions : ce qu’il a négocié durant 6 mois « n’engage que lui ». Une fois de plus, on constate que Charles Michel a (sans le vouloir !) tenu parole quand il jurait, en 2014, de ne « jamais gouverner avec la N-VA ». De fait, il ne gouverne rien du tout, et la N-VA décide de tout toute seule. Sur la reconnaissance des métiers pénibles, on est donc dans le flou le plus complet.

 

QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?

Nous devons montrer à ce gouvernement que nous n’entrerons pas dans le piège d’une discussion technique sur des mini-critères de pénibilité. Pour défendre et reconquérir un système de pension digne de ce nom, nous allons continuer à vous informer des conséquences réelles des projets du gouvernement. Et nous referons appel à vous, à la rentrée, pour une mobilisation très massive si ce gouvernement ne fait pas un demi-tour complet !

 Les pensions sont financées par des cotisations sur nos salaires : elles sont à nous ! C’est un élément essentiel de notre vivre ensemble. Ce gouvernement n’en fera pas un jouet pour ses caprices budgétaires !

 

 

Felipe Van Keirsbilck,
 Secrétaire général

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