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Lidl - 7 jours de grève et une victoire historique

 

Depuis de nombreuses années, les conditions de travail chez Lidl font l’objet de discussions au sein du conseil d’entreprise. Enormément d’échanges et beaucoup de promesses, malheureusement jamais tenues par la direction.

 

 

Le problème de base est toujours le même : le nombre d’heures nécessaires à chaque magasin pour effectuer l’ensemble des tâches demandées par Lidl à ses collaborateurs est insuffisant. Ce volume d’heures, calculé par l’entreprise et imposé sans concertation paritaire préalable, se traduit, dans les faits, par un sous-effectif chronique. Il est donc impossible pour les travailleurs d’atteindre les objectifs de productivité exigés et de réaliser correctement l’ensemble des tâches demandées ! Lidl peut pourtant compter sur des collaborateurs motivés et fiers de travailler dans une entreprise en développement constant. Néanmoins, à force de ne pas entendre la souffrance au travail de son personnel et de ne pas y apporter de réponses structurelles durables et à force de tirer sur la corde, elle finit par casser. Suite au dépôt d’un préavis de grève, une réunion « de la dernière chance » sur le sujet de la charge de travail s’est tenue le 25 avril dernier avec la direction. Nous avions une seule et unique revendication très claire à court terme : injecter immédiatement 42 heures supplémentaires par semaine dans chaque magasin afin d’offrir un « bol d’air » au personnel et de diminuer la pression intenable subie au quotidien.

 

Pourquoi 42 heures ?

Il s’agit du temps de travail contractuel d’un Manager de filiale. Les 42 heures de ce dernier, bien qu’exerçant une fonction de gestion quotidienne d’un magasin et pas une fonction de « production » (décharger les camions, réapprovisionner les rayons, tenir une caisse, entretenir le magasin…) sont comptabilisées à 100% dans les heures de travail hebdomadaires attribuées à chaque filiale pour fonctionner. Nous avons demandé de maintenir ces 42 heures supplémentaires le temps nécessaire à la conclusion d’une convention collective relative aux différents aspects de la charge de travail chez Lidl. Refus catégorique de la direction… qui ne nous a proposé que 8 heures supplémentaires par semaine !  Les travailleurs ont alors décidé de débrayer. 7 jours de grève et deux conciliations au Ministère de l’Emploi plus tard, les travailleurs ont obtenu 100% de ce qu’ils demandaient. Pour les augmentations des heures contractuelles des collaborateurs déjà en service, nous avons demandé que les avenants soient conclus à durée indéterminée. En effet, le déficit d’heures est tel que cela ne devrait pas poser de problèmes, même si la mesure des 42h est en effet conclue pour une durée correspondant à la durée de nos négociations. Pour les nouveaux engagements, la demande (d’obtenir des CDI) est la même mais les négociations sont encore en cours. Un calendrier de négociation a été établi et les discussions porteront, entre autres, sur les sujets suivants : productivité, simplification des tâches, diminution de la charge de travail, droit à des temps partiels plus élevés, encadrement du travail étudiant, encadrement de la flexibilité, bien-être des collaborateurs. La détermination, le courage, la force et la solidarité du personnel ont permis de remporter cette victoire face à une entreprise qui se pensait invincible !
 Gageons à présent qu’un dialogue social constructif pourra se construire chez Lidl et que le développement de l’entreprise ira de pair avec une amélioration durable des conditions de travail de celles et ceux qui en sont les artisans : le personnel.

Romuald Gueury

 

Le secteur Commerce trinque !

Les travailleurs de Carrefour et de Mestdagh se battent également depuis plusieurs semaines. Les deux entreprises ont lancé une procédure de restructuration et comptent se séparer d’une partie de leurs travailleurs.
 Chez Carrefour, après l’annonce de leur plan de restructuration, les négociations ont débuté en janvier et devraient se terminer en juin. Le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont périlleuses et difficiles. La nouvelle organisation du travail est au cœur de ces négociations. Les résultats décevants ont amené les travailleurs à débrayer une nouvelle fois pendant ce mois de mai. 
 Chez Mestdagh, ce sont 450 emplois qui sont menacés au nom de « la professionnalisation et la modernisation « de l’entreprise. Mais ce n’est pas tout. Le groupe a annoncé la suppression du quart d’heure payé, son intention d’ouvrir tous les magasins tous les dimanches et la prochaine polyvalence totale de ses employés, à l’exception du secteur boucherie-traiteur. Aucune fermeture de magasin ni de franchise ont été annoncées mais le groupe n’exclut pas des licenciements secs car trop peu de départ en RCC. La majeure partie des magasins ont débrayé pendant quelques jours.

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