AIP : quels résultats pour les négociations ?

 

Février 2017, un accord interprofessionnel a été signé au sein du « Groupe des 10 ». Dans cet accord, la possibilité pour les secteurs de négocier des augmentations salariales à concurrence de 1,1% maximum est inscrite pour 2017 et 2018. Cette augmentation vient en plus des augmentations liées à un barème sectoriel ou d’entreprise et de l’indexation des salaires pour les secteurs qui bénéficient de ce mécanisme.



Des négociations ont donc eu lieu dans de nombreux secteurs et sont encore en cours pour certains car si la marge potentielle d’augmentation est bien de 1,1%, il faut cependant avoir un accord dans les différentes commissions paritaires pour la rendre effective. L’accord obtenu dans un secteur est donc le résultat d’un compromis et de l’état du « rapport de force dans le secteur ». Les employés sont-ils prêts ou non à faire des assemblées d’information dans leur entreprise et des actions de grève par exemple ? Quel est le prix que les employeurs sont prêts à mettre sur la table en échange de la paix sociale ? A côté du volet pouvoir d’achat, d’autres points font également l’objet de négociations.

 

QUELLE EVALUATION POUVONS-NOUS FAIRE DES RESULTATS OBTENUS?

En CP 200 (Commission paritaire auxiliaire), l’augmentation salariale brute est bien de 1,1% au 1er octobre 2017 sur les barèmes et sur les salaires réels. Un bémol cependant, dans les entreprises avec délégation syndicale, l’employeur pouvait moyennant un accord conclu pour le 30 septembre 2017 au plus tard, octroyer l’augmentation via un avantage équivalent, une autre forme de rémunération dont le coût global est identique. A la CNE, nous prônons l’application des 1,1% sur les salaires afin d’éviter les « mauvais calculs » et garantir un salaire juste.

 Plus de 50% des employés sont malheureusement dans des entreprises sans délégation syndicale (petites entreprises avec peu d’employés). Dans celles-ci, l’employeur pouvait également octroyer un avantage équivalent, mais dans ce cas, chaque travailleur devait recevoir une information écrite au moment du payement du salaire d’octobre 2017. Pour l’application de l’augmentation salariale, l’employeur est en droit également de tenir compte des avantages et rémunérations qui auraient déjà été octroyés pour 2017-2018.

 Il n’y a peu et même pas du tout d’avancées qualitatives. La traditionnelle convention formation du secteur n’a d’ailleurs été renouvelée que pour 2018 : deux jours de formation par employé sur l’année, mutualisés pour l’ensemble des employés de l’entreprise mais à certaines conditions. La discussion sur les modalités de formation pour 2019 doit encore avoir lieu. Dans la Loi du 5 mars 2017, concernant le travail faisable et maniable, l’objectif interprofessionnel est de cinq jours de formation en moyenne par an, par équivalent temps plein. Notre objectif syndical est d’obtenir une convention avec une progression des jours de formation dans ce sens, tout en garantissant une part de droit individuel à la formation. Dans les différents secteurs, la porte est largement ouverte à une globalisation des jours pour l’ensemble des employés.

 

 En CP 226 (Commerce international du transport et de la logistique), l’accord a l’avantage d’être plus clair : 1, 1% d’augmentation des barèmes du secteur et des salaires réels au 1er septembre 2017. Le mécanisme d’indexation des salaires est par contre modifié. Dorénavant, l’indexation sera calculée annuellement et octroyée au 1er janvier de chaque année au lieu d’une indexation fixée à 1,4% mais à date variable. En guise de transition, l’indexation du 1er janvier 2018 sera de 1,4%. Le nouveau calcul sera utilisé pour le 1er janvier 2019. Les jours de formation seront progressivement augmentés pour passer de sept jours par travailleur, par an en moyenne en 2017-2018 à dix jours en 2020. La recommandation sur le télétravail structurel a été étendue au télétravail occasionnel, autre dispositif de la Loi du 5 mars 2017.

 Concernant les frais pour des déplacements effectués avec un véhicule personnel, des indexations ont été octroyées en CP 200 et en CP 226.

 

 En CP 315.02 (Compagnies aériennes), une augmentation de 1,1% des salaires bruts réels et des barèmes d’entreprises au 1er août 2017 est prévue mais en tenant compte des augmentations collectives de pouvoir d’achat qui seraient postérieures à la date du 3 juillet 2017 pour la période 2017-2018, date de signature de l’accord. Un droit à deux jours de formation par an par travailleur en moyenne est ouvert à partir de 2017 pour arriver à 5 jours en 2021.

 

 La prime syndicale octroyée aux travailleurs syndiqués en CP 226 et CP 315.02 sera augmentée si le cadre légal le permet.

 

 Dans ces trois commissions paritaires, les possibilités d’accès au crédit-temps et aux mesures de fin de carrière ont été optimalisées. Soulignons que les demandes de flexibilité accrue revendiquées par les employeurs, comme par exemple l’annualisation du temps de travail ou l’augmentation des quotas d’heures supplémentaires, ont été rejetées par les organisations syndicales. Les possibilités sont déjà suffisamment étendues.



Claude Lambrechts

Personalization

Votre navigateur web n'est pas supporté par le site de la CSC. Cliquez-ici pour installer une version plus récente.