Un accord interprofessionnel à concrétiser

 

Un accord interprofessionnel (AIP) a été conclu entre les interlocuteurs sociaux pour les années 2017-2018. Les trois organisations syndicales ont approuvé l’AIP à une large majorité mais avec un enthousiasme limité... Depuis cette approbation, le gouvernement fédéral a donné son feu vert et l’AIP devrait donc être appliqué dans son intégralité.





Un accord interprofessionnel à concrétiser 


L’AIP est un accord entre les patrons et les syndicats : le contenu de l’accord est donc un compromis entre des parties qui ont des intérêts opposés. Par conséquent, certains verront le verre à moitié-plein, d’autres le verre à moitié-vide. Les plus enthousiastes insisteront sur les points positifs de cet AIP :
Une marge de 1,1% d’augmentation du salaire brut n’avait plus été obtenue depuis longtemps déjà. A cette marge viendront s’ajouter l’indexation des salaires (3,2% prévu) et les éventuelles augmentations barémiques.
Tous les allocataires sociaux seront concernés par l’enveloppe bien-être qui sert à revaloriser les allocations sociales.
La suppression progressive de la RCC (ex prépension) voulue par le gouvernement est freinée grâce à la prolongation de certaines conventions.

 

Les moins enthousiastes insisteront sur les points négatifs :
Si la loi salaire actuelle (loi de 96 qui bride les salaires) avait été utilisée, la marge aurait pu grimper jusque 2,3%.
La marge de 1,1% n’est pas automatique et ne sera accessible qu’aux secteurs
 et/ou entreprises suffisamment organisés. Il est d’ailleurs à déplorer que le salaire minimum n’a pas été augmenté (1500 euros brut moyen mensuel donc, y compris double pécule de vacances et 13ème mois).
L’enveloppe bien-être à destination des allocataires sociaux a été rabotée de 40%.
Nous prolongeons la durée de certaines conventions de RCC mais cela ne fait que reporter leur disparition programmée.

 

Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras »

Si nous nous sommes prononcés en faveur de cet AIP, ce n’est pas pour autant que nous le trouvons formidable, loin s’en faut. Mais en ces temps de reculs sociaux, nous avons choisi de prendre ce qui était sur la table, au risque sinon de recevoir bien moins si le gouvernement avait dû décider seul.

 

 Cet accord ne signifie pas que nous acceptons toutes les attaques gouvernementales : nous continuerons de nous battre contre la nouvelle loi salaires, contre la loi Peeters de flexibilité et contre toutes les autres agressions de ce gouvernement. Nous nous battrons pour la réduction collective du temps de travail, pour une fiscalité plus juste, pour une sécurité sociale correctement financée et pour le développement d’emplois dans le non-marchand et la transition écologique.

 

Et maintenant ?

Maintenant, c’est aux secteurs et aux entreprises de jouer. La CNE, avec les autres organisations, se battra dans les différentes commissions paritaires pour concrétiser l’accord.

 Cette marge pourra être utilisée pour financer la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire. Dans ce cas, la marge de 1,1% pourra être augmentée des aides fédérales prévues en la matière.

 

 Dans les secteurs où la marge sera plutôt utilisée pour améliorer les salaires, alors nous revendiquerons  l’augmentation de 1,1% de tous les salaires bruts ; augmentation qui devra être effective au plus vite. Nous ne tomberons pas dans le piège des fédérations patronales qui consiste à utiliser cette marge pour améliorer des assurances de groupe, à conclure des conventions de primes liées à des objectifs ou tout autre artefact qui vise à échapper aux cotisations sociales. La loi est claire à ce sujet, si des avantages de ce genre sont attribués par une entreprise, ils viennent en plus de cette marge de 1,1%.

 

 Bien entendu, si vous avez la chance de travailler dans une entreprise qui possède une représentation syndicale CNE, vos délégués parleront en direct avec vous de ces différentes possibilités. Dans le cas contraire, nous referons le point sur ce dossier dans un prochain Droit de l’Employé.

 

 

Tony Demonté

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