RTT : Utopie ou réalité ? Dans les magasins Trafic, on a choisi la réalité

 

Depuis plus de deux ans, la délégation CNE Trafic insiste pour obtenir une négociation sur la Réduction collective du Temps de Travail (RTT). Elle a dû, comme vous pouvez l’imaginer, faire face à de nombreuses excuses de la part de la direction prétextant le surcoût, l’impossibilité d’organisation... voire tout simplement, le refus d’en discuter.



Mars 2016, aux portes des élections sociales, la délégation syndicale dépose à la direction le calcul « Tax Shift » de l’entreprise et met encore un peu plus la pression sur l’ouverture de réelles négociations internes. Les travailleurs veulent un retour sur le travail rendu et les efforts systématiquement accomplis pour arriver aux résultats demandés par la hiérarchie.

 

Pour éviter la surenchère en période électorale, la direction accepte de prendre rendez-vous dès la rentrée sociale de septembre et donc, de se mettre autour de la table avec comme sujet : la RTT avec l’aide des subsides Vande Lanotte/Di Rupo.

 

Début septembre, dès la première date, la délégation syndicale se retrouve face à l’employeur qui a changé de discours et ne voit plus d’objection à cette discussion mais veut cibler cet avantage pour un groupe bien spécifique de travailleurs qui seront en fin de carrière.

 

La discussion prend donc un double axe, la RTT faisant partie de la CCT 104.

 

En effet, la réduction collective serait possible pour tous les travailleurs, et ce 4 ans avant leur pension ou pension anticipée, ce qui leur permettra d’alléger en partie leur fin de carrière, le tout, sans perte de salaire. 

Plusieurs réunions ont eu lieu pour arriver à un accord en décembre 2016 et à la signature d’une CCT sur ce sujet. Dorénavant, 4 ans avant leur pension légale ou leur pension anticipée, les travailleurs passeront des 35h au statut temps plein 34h/semaine et pourront effectuer leurs prestations en 4 jours/semaine maximum. Cette réduction d’heure se fera via l’octroi de 6 jours de congés compensatoires supplémentaires.

 

Encore mieux, cette convention sera d’application pour les temps pleins mais aussi pour les temps partiels. En effet, un temps partiel, en prestant toujours son même nombre d’heures, pourra également bénéficier des 6 jours compensatoires supplémentaires. De plus, alors que dans le secteur les 4 jours maximum sont réservés pour les 24h/semaine, avec cette CCT, ils bénéficieront des 4 jours/semaine maximum quel que soit leur nombre d’heures.

 

Chaque année, lors du Conseil d’Entreprise de novembre, la direction présentera aux représentants du personnel, pour l’année suivante, les travailleurs qui pourraient bénéficier de cet accord. La délégation a donc réussi un de ces challenges, certes adoucir les fins de carrière mais surtout démontrer que la RTT n’est pas une utopie mais est, aujourd’hui encore, une réalité dont on ne saurait se passer.

 

 

Danny Dubois

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