L’aide aux familles n’arrêtera pas de marcher !

 

Elles étaient nombreuses les déléguées et les travailleuses des services d’aide aux familles le 21 mars au Printemps du Non Marchand à Bruxelles. Grande mobilisation, fruit d’un patient et long travail de sensibilisation !


Dans ce secteur où les travailleurs ne se rencontrent qu’épisodiquement en réunion ou formation, les déléguées ont dû mettre en place des stratégies particulières pour mobiliser leurs collègues : chacune mobilise son équipe de travail, mais au-delà il faut se résoudre à prendre contact individuellement par téléphone, en dehors des heures de travail et plus encore.

 

Elles peuvent être fières de leur travail de conviction et leur plus grande satisfaction, c’est d’entendre leurs collègues dire : «  C’est la première fois que je viens, c’est super ! Je serai encore là la prochaine fois ». Pendant la manif, l’enthousiasme est communicatif, on chante, on danse  : c’est pas parce qu’on est en colère qu’on doit pleurer !

 

Mais que veulent-elles ?

Un accord pluriannuel avec les Gouvernements wallon et bruxellois permettant d’améliorer leurs conditions de travail et ainsi répondre au mieux aux besoins des familles et des personnes âgées à domicile avec des défis importants à relever : le vieillissement de la population, la mise en place (peut-être) d’une assurance autonomie au niveau wallon, les mesures d’économie dans les secteurs des soins de santé (fédéral) qui se répercutent sur le secteur (raccourcissement de la durée d’hospitalisation, prise en charge psychiatrique à domicile…), les mesures d’austérité qui plombent le pouvoir d’achat de la population et entraînent une dégradation du niveau de vie. Ces éléments contextuels rendent le travail du personnel d’encadrement social, administratif et des prestataires de terrain de plus en plus lourd  psychologiquement et physiquement.

 

Les situations prioritaires se multiplient, le nombre d’interventions par jour s’intensifient. Il n’est donc pas étonnant que le secteur enregistre des records de taux d’absentéisme et une majorité de travailleuses obligées de réduire leur temps de travail pour tenir le coup. A cela s’ajoutent les restrictions prises par le gouvernement fédéral de Michel pour faire disparaître les mesures d’aménagement de carrière, crédit-temps et prépension, qui hypothèquent encore la bonne santé au travail.

 

Une solution faisable, nécessaire, indispensable pour en sortir est la réduction du temps de travail avec embauche compensatoire (RTT).

 

Dans un secteur où plus de 80% des travailleuses sont à temps partiel, si on diminue le temps de travail (RTT), le temps plein passerait par exemple à 37 heures au lieu de 38. Si une travailleuse est occupée à temps partiel 20 heures par semaine, le calcul de son salaire se fera en 20/37h et plus en 20/38, ce qui correspond à une augmentation salariale : on travaille le même nombre d’heures pour un salaire plus élevé. 

La RTT peut se faire soit par semaine ou sur une année, ce qui correspond à 6 jours de congés supplémentaires payés, si on réduit le temps de 1h/sem.

 

Y a-t-il des sous?

Il y a de l’argent, via la réduction de cotisations sociales (Tax shift) accordée à tous les employeurs par le Gouvernement, sans obligation d’embauche. Pour rappel, les cotisations sociales sont destinées à payer les pensions, chômage, maladie… c’est donc l’argent des travailleurs auquel s’ajoutent d’autres aides à l’emploi.

 

D’autre part, les Régions wallonne et bruxelloise ont économisé des milliers d’euros suite au blocage de l’index imposé par le Gouvernement (2% d’augmentation de salaire que vous n’avez pas reçu et qui sont perdus pour toujours).

 

Enfin, il existe une autre loi, appelée Loi Vande Lanotte, qui octroie d’autres réductions de cotisations sociales pour la réduction du temps de travail. Une heure de réduction donne 1.600€/an. Cette réduction est octroyée pendant 2 ans. En clair, une heure de RTT non seulement ne coûte rien mais rapporte pendant deux ans !

 

Il ne manque plus que la volonté politique pour négocier un accord de RTT…

 

Nous le ferons entendre au Gouvernement wallon le 28 avril à Namur !

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