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Caterpillar - Que sont devenues les larmes des crocodiles ?

 

Nous vivons une période où les restructurations pleuvent, et cela pratiquement dans tous les secteurs d’activité. En cela, la fermeture de Caterpillar n’est jamais qu’un dossier parmi d’autres, malheureux. Pourtant, il est suffisamment particulier pour que nous nous y arrêtions dans cet article.

 

 

Caterpillar cumule presque toutes les caractéristiques jugées indispensables par le système capitaliste et les politiques libérales qui le soutiennent. Il s’agit d’une grande multinationale solide dont le marché est à l’échelle du monde entier ; son outil est très moderne et très compétitif. Caterpillar est une entreprise bénéficiaire qui redistribue des dividendes très élevés (elle ferme pour des raisons de profit d’ailleurs…) ; c’est une entreprise qui possède un personnel très qualifié et productif, personnel qui s’est soumis à toutes les formes de flexibilité qui lui ont été imposées; Caterpillar a aussi de longue date externalisé toutes les activités possibles pour augmenter ses marges de profit ; Caterpillar a aussi largement profité de toutes les subventions et aides publiques possibles. Bref, selon les acteurs politiques et économiques les plus libéraux, Caterpillar cumulait toutes les qualités requises et bénéficiait de tous les atouts pour pérenniser l’emploi, l’activité et le développement de l’entreprise.

 

 Et puis bardaf ! Sans crier gare, la direction générale de Caterpillar aux USA décide de fermer le site de Gosselies. Cette annonce ébranle, pour un temps, les croyances des hommes politiques les plus à droite et sonne comme une véritable trahison! Dans les premiers jours de l’annonce de la fermeture, les représentants de tous les partis font dans la surenchère déclarative : il faut durcir la procédure Renault, il faut rendre impayables les licenciements boursiers, des avocats sont embauchés pour les contraindre à rembourser les aides publiques etc.

Comble du comble, même le président du MR en personne dépassera presque le PTB par sa gauche en déclarant qu’il faudrait confisquer l’entreprise sans autre forme de procès…

 

Mais aujourd’hui, que reste-t-il de toutes ces grandes déclarations ? 
Pas grand-chose malheureusement : les projets de loi des partis progressistes d’opposition resteront lettres mortes et le gouvernement fédéral en place depuis plus de 2 ans a repris son travail de démantèlement de notre protection et sécurité sociale et de notre droit du travail.

Ce gouvernement fédéral redevient même l’ennemi direct des travailleurs de Caterpillar quand il s’agit de garantir l’avenir des travailleurs âgés licenciés et qu’il refuse l’amélioration des conditions d’accès à la RCC demandée.

 

Procédure Renault

Nous avons pourtant pu rêver un moment durant, il y a juste vingt ans, quand l’émoi créé par la fermeture de Renault Vilvoorde avait mené à la création d’une procédure obligatoire lors des licenciements collectifs, procédure qui a pris le nom de la marque de voiture.


Même si depuis, la procédure Renault a montré ses limites, il s’agissait d’une avancée importante et elle reste un outil indispensable pour imposer aux entreprises un temps de discussion et de négociation avant la mise en œuvre d’une restructuration ou d’une fermeture. Mais dans le cas de Caterpillar, rien de tout ça. Certains disent que si Caterpillar s’était trouvé sur le territoire flamand, ça se serait passé autrement.

 Nous, nous croyons surtout que nous nous trouvons face au gouvernement le plus à droite depuis la création de notre sécurité sociale. Nous relèverons juste un exemple du cynisme de ce gouvernement Michel qui, malgré le séisme Caterpillar (et des dizaines d’autres fermetures et restructurations actuelles), garde au frigo un projet d’affaiblissement (et non de renforcement) de l’actuelle procédure Renault.

 

Heureusement, pour les travailleurs de Caterpillar, les représentants syndicaux ne se sont pas limités à des incantations. Les déléguées et délégués, appuyés par les travailleurs, ont utilisé toutes leurs forces pour négocier, pied à pied, les meilleures conditions de fermeture possibles. Par un vote très clair en faveur du préaccord, les travailleurs ont montré la confiance qu’ils ont dans leurs représentants. Les travailleurs restent pourtant tout aussi désespérés car leur souhait reste bien de garder leur emploi et de continuer d’en vivre longtemps. Mais ils ont pu mesurer une fois de plus que là où les organisations syndicales ont des marges de manœuvre, la prise en compte de leurs intérêts est centrale et les avancées en leur faveur restent mesurables.

 

Il n’en est pas de même pour les hommes politiques qui ont pourtant le pouvoir de voter des lois pour faire changer les choses. Non, la grande majorité de ces politiques, tantôt par profit, tantôt par idéologie ou par lâcheté, continue de jeter aux orties les outils de régulation qu’ils pourraient mettre en œuvre pour contrer les multinationales qui tuent le projet industriel au profit des intérêts financiers particuliers. L’hégémonie de ces multinationales n’est pas une fatalité, c’est le fruit d’une non-décision politique. Cela, la CNE continuera de le clamer haut et fort partout où c’est possible, dans nos écrits, dans les entreprises et dans les rues. Pour endiguer les ardeurs libérales de notre gouvernement fédéral actuel mais aussi et surtout pour que les travailleurs se souviennent de ses agissements lors des prochaines échéances électorales.


Gérald Scheepmans

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