Qui sont nos Cadres ?

 

Aux élections sociales de mai 2016, la CNE a déposé, avec un indiscutable succès, les candidatures de plus de 800 cadres aux conseils d’entreprise. Un an après l’installation de ces instances, le Groupement National des Cadres (GNC) de la CNE, en collaboration avec la Chaire Travail-Université de l’UCL, lance une enquête approfondie auprès de ses candidats pour évaluer l’exercice de leur mandat.


La loi ne définit pas le cadre. Le seul point de définition juridique sur lequel s’appuyer est la procédure des élections sociales des conseils d’entreprise. Dans cet espace limité, la loi impose l’installation de collèges électoraux cadres dans les entreprises comptant au moins 100 travailleurs, et qui déclarent employer au moins 15 cadres. Sans définition plus précise, les entreprises disposent d’un blanc-seing pour attribuer le qualificatif de cadre à beaucoup (trop ?) de travailleurs. Nous ne pouvons évidemment pas nous contenter de cette situation : nous devons construire notre propre définition syndicale du travailleur cadre. Profitons de la situation : quand la loi ne dit rien, beaucoup est permis !

 

Quels enjeux pour les cadres ?

L’enquête nous permettra en tous les cas de savoir qui parmi nos militants cadres l’est parce qu’il occupe une fonction hiérarchique, et qui l’est parce qu’il exerce des responsabilités particulières dans son entreprise.

 

 Les cadres « hiérarchiques » n’auront pas les mêmes préoccupations que des cadres « fonctionnels ». On peut imaginer que les uns seront plus intéressés à construire un discours critique sur les pratiques managériales, alors que les autres s’inquiéteront plus des conditions de travail du personnel à responsabilités, comme le temps de travail, le stress ou le droit à la déconnexion.

 

 La représentativité est aussi une question essentielle. Dans plusieurs secteurs, essentiellement de l’industrie, les cadres n’ont pas droit à une délégation syndicale (ils peuvent juste siéger en conseil d’entreprise), ou pire, sont même considérés comme hors du champ d’application des conventions collectives. Nous devons prendre la réelle mesure de cette discrimination pour pouvoir la combattre efficacement.

 L’enquête nous permettra d’objectiver les enjeux de chaque militant, et d’organiser le travail du groupement pour les rencontrer au mieux.

 

Cadre et représentant syndical : des rôles paradoxaux ?

Souvent en responsabilité hiérarchique, parfois considérés comme proche de la direction, les cadres sont pourtant et avant tout des employés.

 Ceux qui parmi ces employés se sont engagés dans la vie syndicale doivent dépasser cette apparente contradiction et s’impliquer dans une équipe syndicale plus large, avec les collègues employés et ouvriers.

 C’est en se reposant sur une telle complémentarité que le syndicalisme cadre sera le plus performant. Le questionnaire nous renseignera sur l’état de cette complémentarité et nous fournira ainsi un outil pour améliorer la contribution au mouvement syndical global de l’action menée au niveau des entreprises.

 

 Le questionnaire sera prochainement communiqué à tous les cadres officiellement présentés aux élections sociales de 2016. Tous nos militants cadres (ceux qui travaillent dans des entreprises de moins de 100 travailleurs, ou ceux qui travaillent dans des entreprises où il n’y a pas eu de collège spécifique) sont également invités à y répondre.


Philippe Samek

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