E-Commerce - les syndicats, fossoyeurs du commerce belge ?

 

L’e-commerce se développe, les habitudes de consommation ont changé et les entreprises doivent s’adapter sous peine de perdre des parts de marché et des emplois. Ce développement de l’e-commerce (et du travail de nuit) est possible depuis plusieurs années déjà et ce, à condition de respecter certaines règles. Pourtant, les employeurs ne cessent d’accuser les syndicats de tuer le secteur. C’est une vision assez erronée de la réalité…


En 2015, une table ronde regroupant le Ministre Peeters, employeurs et syndicats avait permis d’aboutir à la conclusion d’un accord-cadre sur l’e-commerce (en particulier sur le travail de nuit) et ce, pour toutes les commissions paritaires du commerce. Concrètement, de l’épicier du coin à l’hypermarché, il est donc techniquement possible d’implémenter le travail de nuit dans le cadre d’une activité e-commerce, avec des balises pour éviter les dérives.

 

Un cadre trop strict ?

Or, depuis la conclusion de cet accord-cadre, très peu d’entreprises ont pris contact avec les syndicats pour mettre effectivement en œuvre des activités de ce type. Une situation dont se plaignent régulièrement les représentants de Comeos (la fédération des employeurs du commerce). Mais ce n’est pas tout : ils accusent carrément les organisations syndicales d’être responsables de la non venue de milliers d’emplois en Belgique. Le cadre serait « trop strict ». De son côté, le politique semble jouer le jeu des employeurs en laissant même entendre que de nouvelles facilités pourraient être accordées pour introduire le travail de nuit dans les entreprises pour aider le développement du e-commerce. Pourtant, ce cadre n’est pas trop strict. Il oblige simplement à donner une compensation en échange de la flexibilité réclamée au travailleur. Le principe est simple : comme travailleur, vous prestez de manière atypique, vous devez avoir une rémunération en conséquence.

 

Le e-commerce, une réalité depuis plusieurs années déjà

Les fédérations patronales oublient aussi que les entreprises n’ont pas attendu cet accord-cadre pour développer leur e-commerce. Tout d’abord, les grandes enseignes belges n’ont pas toujours eu recours au travail de nuit lorsqu’elles ont développé leur e-commerce. De nombreux exemples existent (Carrefour, Cora, etc.). De même, certaines entreprises n’ont pas toujours choisi de développer cette activité dans les commissions paritaires du commerce. En effet, la plus grande partie des activités de e-commerce font essentiellement appel à du transport et de la logistique, c’est également le cas pour les e-commerçants étrangers sur le territoire belge.

 

Développer le e-commerce par le dialogue social

Est-ce qu’un jour un géant comme Amazon viendra s’installer en Belgique ? Nous ne le savons pas. Par contre, ce dont nous sommes certains, c’est qu’un cadre clair existe en matière de e-commerce et que le travail de nuit est possible. Organisations syndicales et employeurs ont des intérêts communs quand il s’agit de maintenir ou de développer de l’emploi. Un bel exemple est celui de l’entreprise Torfs (vente de chaussures) qui vient d’annoncer avoir conclu un accord sur l’e-commerce et le travail de nuit. C’est la volonté qui fait la vraie différence.

 

A l’aube des négociations sectorielles, nous espérons que les employeurs et surtout leurs représentants auront à cœur d’œuvrer avec les organisations syndicales pour que chaque entreprise puisse continuer à développer de l’emploi dans un marché toujours plus concurrentiel. Et de faire en sorte que tous jouent à armes égales, en cessant enfin le dumping social intra belge. La concertation sociale n’est pas celle qui enterre le (e-)commerce en Belgique. Au contraire, elle vise à donner vie à de vraies perspectives d’avenir pour les travailleurs et les entreprises.

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