L’ouverture du dimanche est un échec

En avril 2015, la ville de Bruxelles décidait de transformer le pentagone en zone touristique.   Objectif : permettre aux enseignes commerciales d’ouvrir 7 jours sur 7, toute l’année. Bilan en rien surprenant : échec total.

 

 

En Belgique, la loi autorise les enseignes à ouvrir 6 dimanches par an. Sauf sur les territoires désignés comme « zones touristiques », qui autorisent l’ouverture dominicale toute l’année. Le tout, sans concertation avec les organisations syndicales.

 

 Nous sommes intervenus de nombreuses fois auprès des autorités afin de mettre en évidence les dangers que cela constitue pour les conditions de travail et le bien-être des employés. Depuis un an, ce sujet plombe d’ailleurs la concertation sociale dans les enseignes qui se situent à la rue Neuve et au City 2, où de nombreux conflits sont en cours suite à cette décision.

 

 Nous l’avons dit et redit : l’ouverture supplémentaire de dimanches à la rue Neuve serait un échec. Nous le voyons aujourd’hui clairement : les enseignes ne font pas un meilleur chiffre d’affaire. Quand il n’est pas carrément moins bon, il est tout simplement lissé sur 7 jours au lieu de 6. C’était prévisible : le pouvoir d’achat de la population n’augmente pas parce que les magasins ouvrent un jour supplémentaire. Par contre, les frais liés à l’ouverture, comme l’électricité, le chauffage, le personnel, si ! Assez logiquement, ces ouvertures n’ont donc créé aucun emploi.

 

Même les commerçants n’en veulent pas

Les enseignes du City 2 ont elles-mêmes confirmé cet échec cet été et décidé de ne plus ouvrir de dimanches supplémentaires. Fin août, c’était au tour du comité des commerçants de la rue Neuve de faire le même constat et de prendre la même décision.

 

 Malgré cette prise de position de la part des commerçants, l’échevine bruxelloise aux Affaires économiques, Marion Lemesre, tente de sauver son projet, avec l’aide de certaines grandes enseignes. Celles-ci sont en effet bien les seules favorables à des ouvertures supplémentaires car, même si elles ne font pas de chiffre d’affaire sup¬plémentaire, elles ne perdent pas d’argent. Elles peuvent ainsi concurrencer les plus petits commerçants et organiser le dumping social… En effet, le sursalaire ou la base volontaire du travail du dimanche sont remis en question pour permettre à de nombreux commerçants de tenir face à la volonté d’une minorité de grosses enseignes.

 

Bientôt de nouvelles actions ?

La CNE appelle le bourgmestre à entendre les travailleurs et les employeurs de la rue Neuve et du City 2, qui souhaitent l’arrêt du projet. Le bourgmestre PS Yvan Mayeur doit prendre ses responsabilités et revenir sur la mise en place d’une zone touristique dans le pentagone, sans quoi la CNE entrera en action.

 

 

Jalil Bourhidane

 

 

3 bonnes raisons de refuser l’ouverture du dimanche ...

 

… pour les travailleuses et travailleurs

1. Là où il n’y a pas de représentation syndicale, travailler le dimanche n’est pas un choix : l’horaire est imposé, sous peine de représailles.
 2. Sans présence syndicale, pas de sursalaire non plus : le dimanche est payé comme un jour normal.
 3. Le travail du dimanche compromet sérieusement la vie de famille et la vie privée : comment partager du temps avec ses enfants, ses proches, comment s’investir dans les loisirs et la vie associative si vous travaillez quand tout le monde est en congé ?

 

… pour la société

 1. C’est prouvé : l’ouverture des magasins le dimanche ne crée pas d’emploi.
 2. L’ouverture dominicale tue les petits commerces qui ne peuvent pas faire face à cette concurrence.
 3. L’ouverture des magasins le dimanche présente la consommation comme un loisir : or, outre les dégâts causés à l’environnement, les études prouvent que consommer à outrance ne rend pas heureux, au contraire.

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