CNE
Ma carrière
bab449ae-2477-46b3-8fca-27c4c5741bd6
https://www.lacsc.be/ma-carriere
true
Actualité
59ea6a04-d5cb-49bb-86bf-262457cb04b8
https://www.lacsc.be/actualite
true
Services
c7cddb17-187f-45c2-a0e2-74c299b8792b
https://www.lacsc.be/services
true
Affiliation
abbb02d8-43dd-44b5-ae75-3cd90f78f043
https://www.lacsc.be/affiliation
true
La CSC
c62ac78b-1aa2-4cb9-a33b-59e6fc085fb4
https://www.lacsc.be/la-csc
true
Contact
7f7bdd4f-c079-401e-a1bf-da73e54f00c2
https://www.lacsc.be/contactez-nous/pagecontact
false
Je m'affilie

AXA et ING ouvrent le bal des restructurations

 

Jusqu’à la crise des subprimes en 2008, le secteur de la finance offrait un refuge pour l’emploi, tant en volume qu’en qualité. Malheureusement, ces temps apparaissent aujourd’hui bien éloignés.

Depuis 2008, plus ou moins 20.000 emplois ont été supprimés dans le secteur. Les employeurs ont usé jusqu’à la corde tous les systèmes permis par l’ingénierie sociale : prépensions, crédits-temps, mises en disponibilité…  L’objectif était que les choses se passent dans la discrétion, essentiellement pour maintenir l’image de marque.

 

 Mais aujourd’hui, AXA et ING ont annoncé des procédures Renault et des licenciements secs. Avec P&V et bientôt Crelan, ce sont 5.000 emplois qui vont disparaître dans l’immédiat. Et si on en croit la direction de Deutsche Bank Belgique, 20.000 autres emplois seront encore gommés du secteur, dans notre pays, dans les 15 prochaines années.

 

D’où vient l’hémorragie ?

Les employeurs du secteur justifient cette hécatombe par plusieurs raisons : les taux bas, les mesures de régulation et de taxation, et enfin, l’accélération de la digitalisation. Tous ces facteurs sont effectivement à l’œuvre, mais il faut en ajouter deux : l’exigence déraisonnable d’une rentabilité souvent à 2 chiffres et un rapport de forces défavorable au salariat. S’ils avaient eu lieu dans les années 60, lorsque les travailleurs avaient plus de poids, les gains de productivité obtenus grâce à la digitalisation auraient été transformés, au moins partiellement, en augmentation de salaire et en diminution du temps de travail !

 

 Longtemps active dans le réseau Finance Watch, Aline Fares dénonce également le système financier mondial : malgré la crise, malgré les annonces politiques sur la régulation ou la séparation des activités bancaires, il y a toujours aujourd’hui, au niveau mondial, trente banques systémiques, too big to fall, dont deux tiers de l’activité ne servent pas l’économie réelle. Environ 1.700 lobbyistes défendent leurs intérêts auprès des 60 députés européens du comité économique. La législation produite depuis 2008 est illisible, complexe, compilant des micro-textes spécifiques. Il y a un réel problème dans la production législative qui fait que l’intérêt général n’est pas pris en compte. En Europe, 20 banques occupent ¾ du marché avec pour seul objectif la maximalisation du profit à court terme. Tant que ce sera comme ça, la finance ne participera pas à relever les défis généraux comme ceux du climat, de l’emploi ou du vieillissement.

 

 C’est doublement anti-démocratique. Ces banques ont un pouvoir exorbitant de chantage à l’emploi, à la délocalisation et à la fiscalité. De plus, comme elles maîtrisent le crédit, elles monopolisent de facto la fonction politique d’autoriser le développement de projets.

 

La cause n’est pas totalement perdue

A court terme, il n’y a pas de solution. Par manque total d’anticipation du patronat du secteur et des responsables politiques, la casse sociale est inévitable. Nous pourrons juste nous battre pour obtenir les meilleures indemnités de sortie.

C’est pourquoi il faut militer pour un changement radical de politique. La finance ne peut pas servir qu’à faire des bénéfices, sinon elle va tuer l’économie. Il faut donc soutenir une campagne comme « Belfius est à nous » (lire ci-dessous), et promouvoir des projets comme la NewB (www.newb.coop/fr). Revendiquer la mise sur pied d’une banque publique et proposer un modèle de banque coopérative sont en effet essentiels pour remettre la finance au service des gens et de l’économie réelle.

 

Philippe Samek

La CSC utilise des cookies pour faire fonctionner ses sites web, offrir des informations personnalisées et optimaliser l'expérience utilisateur. En cliquant sur 'Accepter tous les cookies', vous autorisez le placement de cookies d'analyse et de marketing qui pourront aussi être utilisés par nos partenaires. Vous pouvez également gérer vos préférences via le bouton "Gérer vos préférences". Pour en savoir plus, consultez notre politique de cookies et notre politique vie privée.