E-commerce : les travailleurs ont leur mot à dire

 

Mise en place par le ministre de l’Emploi Kris Peeters, la table ronde sur l’e-commerce a finalement abouti à un accord. Désormais, les questions liées à l’e-commerce et au travail de nuit qu’il implique, comme l’organisation du travail, le statut, les contrats étudiants… devront être discutées dans l’entreprise, entre la direction et les organisations syndicales.

 

Durant les négociations sectorielles du printemps dernier, les secteurs concernés ont dû mettre à l’ordre du jour de leurs discussions la problématique de l’e-commerce et particulièrement le sujet que le gouvernement a intimement lié à cela, à savoir l’autorisation du travail de nuit pour les activités liées à l’e-commerce.

 

La date limite des discussions avait été fixée au 31 décembre : au-delà, le gouvernement aurait repris la main. Dans l’intervalle, un projet de loi de l’Open VLD (libéraux flamands) autorisant le travail de nuit pour tous les services logistiques et auxiliaires liés à l’e-commerce avait vu le jour. Une aubaine pour les employeurs : aucun intérêt pour eux à discuter d’un encadrement sectoriel puisque ce projet de loi existait!

 

Mais que voulaient au juste les employeurs (ou à tout le moins leur représentants) ? Du travail nocturne précaire à la hollandaise pour les étudiants et les intérimaires ou créer de l’emploi convenable (« werkbare werk » du CD&V) ? Des travailleurs présents sur la surface de vente la nuit, au cas où un client potentiel viendrait à commander un produit ? Des magasins ouverts plus tard et 7j/7? Il s’agit là d’une dérégulation totale qui se cachait à peine. La représentativité des organisations patronales est en question. Que représente-t-il ? Une idéologie ? Quelques grosses entreprises du secteur ? La question reste posée.

 

Protection versus dérégulation

 Comme organisations syndicales, nous ne refusons pas le dialogue. Nous ne refusons pas de discuter, y compris du travail de nuit, mais avec un cadre qui permet un travail qualitatif pour les travailleurs, qui permet d’assurer une conciliation entre travail et vie privée, qui assure la stabilité de l’emploi et un revenu suffisant pour ces prestations inconfortables. Un encadrement sectoriel est le seul qui mette toutes les entreprises sur un pied d’égalité face à l’e-commerce. Nous ne voulons pas créer de la concurrence entre les petits commerces (indépendants ou non) et la grande distribution, ou entre les travailleurs eux-mêmes en créant des statuts à plusieurs vitesses. Nous ne voulions pas que ce dossier entraine l’ouverture des magasins 24h/24h et 7j /7.

 

Côté employeur, il n’y avait aucune volonté d’encadrer spécifiquement le travail de nuit, ni même de discuter en groupe de travail, bref de respecter les engagements qui ont pourtant été signés en commission paritaire. Force est de constater que les fédérations patronales tentent d’éviter la concertation sociale... Plus besoin de discuter avec les organisations syndicales, il suffit de faire passer ses demandes via un gouvernement de droite qui ne cesse de se positionner en larbin des entreprises.

 

Et maintenant ?

A la veille de Noël, une réunion de conciliation de la dernière chance a eu lieu avec le cabinet du ministre de l’Emploi. Après plus de 9 heures de discussion, une convention cadre a été acceptée par l’ensemble des organisations patronales et syndicales. Cette convention trace les contours de ce qui devra être discuté en entreprise via les délégations syndicales ou la modification du règlement du travail (PME-CP 201). La concertation sera donc de mise et les sujets essentiels pour nous (statut, organisation de travail, travail étudiant, etc.) devront faire l’objet d’un accord. Nous veillerons à ce que ces emplois soient limités à la mise en place de l’e-commerce et dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée.




Delphine Latawiec

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