Faire de la maison de repos un lieu de vie

 

Les maisons de repos doivent évoluer pour permettre des projets de vie individuels, qui ne peuvent se limiter uniquement à accompagner la dépendance et doivent s’inscrire dans un projet collectif institutionnel.




Ce projet doit être élaboré et évalué avec le personnel et être contraignant. 

Il doit notamment prendre en considération les aspects d’animation, d’activité, d’autonomie, de soins mais également les aspects fin de vie dans le respect du choix des résidents et de leur famille.

 

Le projet individuel doit permettre au résident de vivre en gardant un maximum d’autonomie mais aussi de concilier l’aspect individuel et les aspects de vie collective.

 

Autour des maisons de repos, une offre de services doit augmenter les possibilités de rester au domicile pour les personnes qui le souhaitent afin de rester acteurs dans la société. Ces services doivent également permettre la mobilité professionnelle du personnel qui le souhaite.

 

L’ensemble du personnel doit être subsidié et les normes suffisantes. Les qualifications du personnel doivent être diversifiées et leur nombre revu à la hausse en fonction des objectifs du projet collectif (architecture des locaux, travail du maintien de l’autonomie, permettre le maintien de liens sociaux, activités diversifiées, tenir compte des besoins du résident,…) et pour permettre le respect de la fonction de chaque travailleur. Elles doivent permettre un travail de qualité, du temps pour les contacts humains, pour les réunions d’équipes, les formations et le travail syndical. Chaque résident doit pouvoir vivre à son rythme.

 

L’organisation du travail et les conditions de travail doivent privilégier un travail de qualité dans le respect des résidents et du personnel, en rendant compatible la vie professionnelle et la vie privée.

 

Permettre à chaque travailleur de mener une carrière active et complète passe impérativement par l’allégement des conditions de travail. La charge de travail doit être compatible avec la possibilité de réaliser une carrière complète à temps plein mais aussi, le cas échéant, de combiner des contrats à temps partiel chez des employeurs différents. Les équipes mobiles mises en place pour alléger la charge de travail devraient évoluer vers une équipe mobile généralisée imposée dans les normes.

 

Une gestion des carrières et la mobilité professionnelle doivent être étudiées à tout le moins à l’intérieur du Non Marchand wallon et, vu l’historique du secteur, avec les secteurs restés fédéraux et les autres secteurs de la santé. Une reconnaissance transversale de l’ancienneté serait un premier pas.

 

La formation doit être un droit pour chaque travailleur faire l’objet d’un plan négocié paritairement. Une formation obligatoire pour les nouveaux travailleurs, des formations continues, des réunions d’équipes, des lieux de paroles individuels ou collectifs doivent être organisés pour concilier les attentes légitimes des résidents et les limites de l’investissement du personnel.

 

L’accessibilité des maisons de repos doit être garantie en-dehors de toute logique marchande. L’influence de la logique marchande est visible jusque dans le mode de gestion des institutions, dans les relations sociales ainsi que dans la sélection des bénéficiaires. Cette logique conduit inévitablement à des inégalités, à la désolidarisation de par la segmentation de la population sur base de critères tels que le prix du service, la rentabilité et le profil des bénéficiaires.

 

Le financement des maisons de repos doit organiser de la mixité sociale. La contribution financière des résidents doit être proportionnelle à leurs revenus. Le service adapté à chaque résident doit être de qualité identique quelle que soit sa contribution financière. Les subsides doivent donc être affectés au seul objet social et non pour réaliser des profits ou des gains « commerciaux » (ou rétribuer les actionnaires). Les financements doivent être suffisants pour permettre aux opérateurs publics et associatifs de gérer leurs services, en fonction de leur projet collectif.

 

 

Marie-Agnès Gilot et Patricia Piette

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