2015-2016 : l'année sera riche... en enjeux pour le secteur

 

Que ce soit au fédéral ou dans les entités fédérées, il va falloir être vigilants et actifs pour défendre le Non marchand. Les différents gouvernements n’ont, jusqu’ici, donné aucun signe d’optimisme quel que soit le secteur. 3500 délégués du Non marchand étaient à Bruxelles le 19 juin dernier pour rappeler à tous les ministres compétents que les travailleurs du secteur s’opposent aux politiques d’austérité. Ces politiques ont montré leurs effets dévastateurs en termes d’exclusion, d’inégalité, et même en matière économique.

 

 

Au Fédéral, la ministre De Block a annoncé par voie de presse que la poursuite des accords sociaux est importante pour l’emploi dans nos soins de santé et que 106 millions d’euros étaient réservés pour financer un nouvel accord. Sauf qu’elle décide seule de ce qu’elle met dans ce soi-disant « accord social », et qu’elle ne répond en aucune manière aux demandes du secteur ! Décidément, ce gouvernement ne cessera pas de nous étonner.


 En même temps, les réductions budgétaires dans les soins de santé sont drastiques et le système de financement des hôpitaux est revu à la baisse. La baisse de cotisations sociales va aussi réduire les moyens de la sécurité sociale.


 Un nouveau véritable accord social est-il dès lors envisageable ? Si les travailleurs des soins de santé sont bien convaincus de sa nécessité absolue, y compris pour attirer des jeunes et maintenir les plus anciens dans les professions de soins, nous devrons être convaincants et nombreux pour l’obtenir.

 

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les choses sont assez claires : il n’y a pas de marge budgétaire disponible avant 2017, mais la volonté de se préparer à la négociation d’un accord social est présente. Un cahier de revendications a été déposé début juillet et des travaux techniques de chiffrage de celui-ci vont être réalisés cette année encore. L’objectif sera alors d’entamer les négociations en 2016.

 

 En Région wallonne, le sujet brûlant est celui de l’OIP (organisme d’intérêt public) qui devra définir les règles de fonctionnement de la future sécurité sociale wallonne. Les choix politiques sont clairs : les travailleurs du Non marchand sont purement et simplement exclus des discussions.


 Alors qu’il avait promis un modèle de gestion paritaire, le gouvernement wallon fait le contraire en changeant fondamentalement le modèle de concertation sociale. Les acteurs syndicaux sectoriels sont éjectés des structures. Et les syndicats interprofessionnels ne disposent plus que d’une présence symbolique, au profit des mutuelles et des fédérations patronales.


 Sans une mobilisation massive, les travailleurs du Non marchand wallon n’auront plus qu’à exécuter les directives. Vu les enjeux budgétaires du transfert de compétences (notamment les allocations familiales et les maisons de repos),les risques sont immenses de voir les politiques d’austérité se faire sur le dos des travailleurs et travailleuses (et des bénéficiaires) du Non marchand.

 

En Région bruxelloise, des discussions sont aussi en cours suite à la réforme de l’Etat : organisme d’intérêt public, nouveau plan de santé bruxellois, maisons de repos, etc. Mais, là encore, sans les représentants des travailleurs du secteur Non marchand.
 Un cahier de revendications a été déposé et une rencontre est prévue à la rentrée pour évaluer les mesures possibles. Même si les marges budgétaires sont moins étroites qu’en Région wallonne, la pression sur le secteur est immense, notamment au niveau des emplois ACS.

 

 A quelque niveau de pouvoir que ce soit, l’année sociale qui démarre sera donc extrêmement riche d’enjeux et de défis à relever pour les travailleurs du Non marchand. Non seulement en matière de conditions de travail, mais aussi dans la capacité qu’ils auront à défendre un modèle de société avec des services de qualité et accessibles à tous.

 

 

Marie-Agnès Gilot

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