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La CNE veut garder Belfius dans le giron public

 

Propriété de l’état belge depuis octobre 2011 suite à la débâcle de DEXIA, Belfius est soumise jusqu’en 2016 à un plan imposé par la commission européenne qui inclut l’interdiction pour la banque de conquérir de nouveaux marchés, l’obligation de réduire les coûts, l’obligation de faire la démonstration que la banque est viable et pérenne. 

 

Ce plan a contraint le personnel de Belfius a d’importants sacrifices (pertes d’emploi, perte de pouvoir d’achat, restructurations internes permanentes, explosion du stress…)

 

 

Et après 2016 ?

Plusieurs choix s’offrent à l’Etat. Les options varieront entre la vente pure et simple et le maintien dans le giron public. Après réflexion, c’est cette deuxième formule (sans en préciser la formule) qui a été plébiscitée par l’équipe CNE de Belfius.

 

Cette position a été défendue auprès des affilié(e)s CNE Belfius qui ont réagi très favorablement aux arguments avancés par la délégation. Par la suite, la demande de soutien a été portée par l’équipe dans les instances (Comité National Banque, Comité National CNE) qui ont elles aussi répondu positivement.

 

Les arguments

La création d’une banque publique aurait pour objectif de garantir les dépôts et de stimuler les investissements dans l’économie réelle. Il faut savoir que cette option va bien au-delà d’une position principielle, une partie de l’autonomie économique de la Belgique est en jeu.

 

En effet, en appartenant à la collectivité, Belfius permettrait à l’état belge de garder la mainmise sur une part importante de ses investissements qu’ils soient publics et/ou sociaux et lui permettrait de réaffecter l’épargne collectée dans l’économie belge, notamment dans les PME souvent délaissées par les banques, et favoriserait ainsi la création d’emplois.

 

Actuellement, Belfius fournit déjà un service personnalisé adapté aux communes, régions, provinces, hôpitaux, associations, particuliers…

 

Demain, la banque va devoir exercer un rôle économique essentiel pour infléchir l’économie, les investissements, l’utilisation de l’épargne belge (collecter en Belgique pour investir en Belgique).

 

Rien n’est gagné

Cette proposition sera confrontée par la coalition fédérale actuelle à l’argument selon lequel l’Etat n’a pas vocation à gérer une banque. Pourtant, celui-ci ne tient pas une seconde. Les institutions publiques de crédit (CGER, CCB, Crédit à l’industrie, OCCH…) ont fonctionné sans problème pendant des décennies. La crise financière a démontré que l’autorégulation de la finance prônée lors de la privatisation dans les années 1990 et 2000 n’était qu’un leurre et il a fallu une intervention des états pour garantir l’épargne des petits épargnants.

 

Par ailleurs, il faut préciser que la législation européenne n’interdit pas la création d’une banque publique pour autant qu’elle ne bénéficie pas de soutiens de l’Etat qui iraient à l’encontre des dispositions du traité européen de la concurrence.

 

Et enfin, il faut souligner que cette démarche en faveur d’une banque publique correspond aux revendications de la CNE qui demande à la fois une régulation du secteur (une banque publique peut devenir une institution de référence pour les produits offerts aux épargnants) une plus grande diversité d’institutions et plus d’éthique financière.


Le chemin est encore long et semé d’embûches. Mais des initiatives telles que la création de la New B, le renforcement des dépôts dans des caisses d’épargne existantes (Credal, Triodos…), la recréation d’une banque publique sont des signaux prometteurs d’aspirations aux changements dans le secteur.

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