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Lancement de la loi Renault chez D’Ieteren

Ce lundi 27 septembre, la direction a annoncé le lancement de la procédure de licenciement collectif. L’information a été diffusée simultanément à la presse, au Conseil d’Entreprise et au personnel. Une stratégie qui montre bien les priorités de l’employeur : raconter sa version de l’histoire, après 3 semaines de grève au sein des D’Ieteren Centers, plutôt que de tenter de sauver l’emploi. 


Pour rappel, la direction des D’Ieteren Centers a présenté cet été aux délégués syndicaux son plan (qualifié de « plan d’avenir ») visant à économiser 6 millions. Créée en janvier 2021 à la suite d’une filialisation de la société D’Ieteren SA, les garages sont désormais présentés comme une société indépendante, dont la viabilité nécessite soi-disant des coupes budgétaires drastiques. Une lecture biaisée des chiffres en guise de contexte, un objectif clair affiché par la direction : diminuer les salaires des travailleurs, par la porte ou par la fenêtre.

La direction sort la carte du chantage

Après 4 mois de discussion, la direction a sorti la carte du chantage en « proposant » aux délégués, puis directement au personnel, un choix entre la peste et le choléra : la perte d’une partie de leurs avantages et une augmentation du temps de travail, ou un nouveau licenciement collectif. Les travailleurs et leurs représentants ont manifesté leur colère et leur désaccord en se mettant en grève plus de trois semaines. La direction n’en a pas tenu compte, se limitant à des changements cosmétiques. 

Les syndicats ont régulièrement consulté le personnel, allant jusqu’à organiser un referendum après une information directe de la direction vers les travailleurs. Les travailleurs ont refusé à 73% les « propositions » de l’employeur. 

L’attitude de la direction, cherchant à reporter sur les travailleurs la responsabilité des décisions déjà prises, ne dupe cependant personne. En effet, depuis plusieurs années, le bâtiment de D’Ieteren situé rue du mail est progressivement vidé de ses activités, au profit d’autres sites plus décentralisés. Dans le même sens, le Zen Park ouvert en 2018 a dès le début été questionné par les représentants des travailleurs qui ne l’estimaient pas viable au niveau organisationnel. 

Le groupe D’Ieteren occupe plus de 1.500 travailleurs en Belgique, et a de multiples filiales plus profitables les unes que les autres, entre les mains d’un actionnariat quasi familial. Un licenciement collectif a déjà eu lieu en 2020, mettant à la porte plus de 180 ouvriers, employés et cadres.

Cette nouvelle Loi Renault est d’une violence inouïe envers les travailleurs 
 
Moins d’un an après, le lancement d’une nouvelle Loi Renault est d’une violence inouïe envers les travailleurs, déjà surchargés de travail par le départ récent de leurs collègues, épuisés par une grève que la direction les a forcés à mener par ses menaces, et maintenant salis par un discours moralisateur visant à leur faire porter la responsabilité de ce nouveau bain de sang social. 

Le Conseil d’Entreprise a prévu les premières dates de réunion, face à une direction totalement détachée de la réalité, souhaitant avancer le plus vite possible dans la mise en œuvre de leur projet anti-social. Le front commun syndical entend cependant respecter à la lettre la Loi Renault, en posant toutes les questions nécessaires à la bonne compréhension du projet et en essayant autant que possible de sauver l’emploi. 
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