Face aux restructurations, la lutte syndicale paie !
La crise sanitaire a touché sensiblement plusieurs pans de l’économie. La mise en place massive du chômage économique, la diminution brutale de certaines activités, la diminution du pouvoir d’achat des ménages ont mené à de sombres coupes dans bon nombre d’entreprises. Le nombre de procédure de licenciements collectifs, appelés Loi Renault, a en effet explosé. Mais l’organisation collective et le travail syndical ont repoussé tant bien que mal ces derniers plans de restructuration dans l’Industrie.
C ertaines entreprises ont trouvé une parfaite aubaine en invoquant l’excuse de la pandémie. L’occasion était trop belle de faire des économies sur le dos de leurs travailleurs.
Après les remerciements, les licenciements
Les secteurs industriels n’ont pas été épargnés. Que ce soient des poids lourds de la chimie ou de la pharmacie, dans l’industrie alimentaire ou encore dans les PME et sous-traitants. L’Oréal, Solvay, Coca-Cola, Plastic Omnium, Godiva et bien d’autres ont annoncé des plans de restructuration qui concernent en tout des centaines de travailleurs.
La réplique syndicale ne s’est pas faite attendre
Malheureusement, force est de constater que notre objectif principal, à savoir la limitation des licenciements, n’a pas toujours pu être atteint. En effet, plusieurs équipes syndicales ont toujours un goût amer en bouche : un emploi perdu est déjà une perte de trop !
La lutte syndicale paie !
Néanmoins, il existe des exemples qui démontrent qu’il est toujours possible de sauver l’emploi. MBC (Ex Godiva - industrie alimentaire), par exemple, avait annoncé un licenciement de 35 travailleurs. Après 4 mois de négociations intenses en front commun ouvrier/employé, la direction a retiré son plan de licenciement et a garanti la mise en place d’emplois solides. Pour y parvenir, les équipes syndicales ont pu compter sur leur forte détermination, sur le timing des annonces et sur la mobilisation des travailleurs.
Autre exemple : chez Pfizer, active dans le secteur Pharma. L’entreprise a vu ses bénéfices croître jusqu'à 8 milliards lors de la pandémie. Alors que les usines tournaient à plein régime pour produire des vaccins, 38 postes en logistique ont été visés par une délocalisation en Roumanie. Mêmes jobs, salaires moindres. La logique économique la plus froide et brutale…
Mais l’équipe CSC a réussi à organiser le rapport de force : avec les travailleurs en interne., avec le soutien du politique et plus généralement avec la solidarité des autres délégués du secteur. Avec un résultat clair : tous les employés concernés se verront proposer un emploi adapté au sein de Pfizer, avec maintien de leur salaire et de leurs conditions d'emploi. Un plan social sera conclu pour encadrer la mobilité interne et garantir un délai de préavis amélioré en cas de futurs licenciements jusqu'à la fin de 2025. 4 ans de garantie d’emploi, c’est un résultat inespéré. Dernier exemple à TI Group Automotive Systems Belgium (fabrications métalliques). Le groupe fait partie d’une multinationale américaine qui possède 111 sites dans 28 pays. Ses trois sites belges occupent 468 personnes. Dès l’annonce de la restructuration présentée en février dernier pour le site de Liège, la CSC a fermement contesté le licenciement collectif. Cette entreprise ne fait pas de pertes. Malgré la crise, elle a affiché des résultats positifs en 2020. Son projet de restructuration n’avait qu’un seul but : rassurer les actionnaires pour l’avenir. La négociation a été compliquée. Mais la détermination affichée, appuyée par le soutien indéfectible de tous les ouvriers et de tous les employés, a fait reculer la direction. Après plusieurs mois de négociations, la direction a finalement fait marche arrière. Les 40 emplois menacés sur les 117 occupés sur le site liégeois sont ainsi tous sauvés !

