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0,4%... Après les applaudissements, la gifle !

0,4%, c’est la norme salariale, autrement dit, le plafond que les augmentations de salaire  

ne peuvent dépasser pour les deux prochaines années.   

On vous parlait en décembre de l’absurdité de se baser sur des prévisions économiques - ô combien peu fiables et incertaines en ces temps de pandémie - pour fixer la norme salariale. Malgré le fait que le Conseil central de l’économie a été confronté à un manque de données et à des prévisions peu fiables, il n’a pas conclu à l’infaisabilité de calculer la norme salariale cette année. Au contraire, il a fait preuve d’un peu (trop) d’imagination et de bricolage méthodologique pour arriver à ce chiffre : 0,4%. Cela correspond à 6€ brut par mois pour les travailleurs au salaire minimum et 13€ brut par mois pour le salaire médian. Bien trop peu.   
 

Outre les critiques méthodologiques liées à la crise du Coronavirus à adresser à ce chiffre, les syndicats dénoncent depuis longtemps le carcan dans lequel sont coincés les salaires des travailleuses et travailleurs belges depuis la loi de 1996 (cadenassée en 2017 par le gouvernement Michel).   

Une loi absurde économiquement  

La logique de la loi de 1996 est de dire que les salaires des travailleurs belges ne peuvent augmenter plus rapidement que la moyenne de ceux de leurs voisins au risque de mettre en danger la compétitivité de notre plat pays. Cette conception de l’économie, bien que partagée par l’économie mainstream et les patrons, a du mal à résister à l’épreuve des faits. Les études empiriques montrent en effet que le lien entre « coût salarial » et performances à l’exportation est loin d’être direct et uniforme dans le temps et dans l’espace. Et puis, si les salaires doivent être soumis à un plafond, pourquoi est-ce que les dividendes, qui peuvent être considérés au moins autant que les salaires comme un  

« coût » pour l’entreprise, ne connaitraient, eux, aucune limite ?   

Une loi socialement injuste  

Le véritable débat qui se cache derrière cette norme salariale est celui de la répartition des richesses dans notre société. Si notre économie grandit chaque année (et connait une croissance économique) et que nos salaires n’augmentent pas proportionnellement, cela signifie que la part du gâteau économique qui va aux patrons augmente et que celle qui revient aux travailleurs diminue. Autrement dit, cela signifie que la richesse qu’on produit en plus est captée par le capital, ce qui fait de facto baisser la part salariale et augmente donc de manière mathématique les inégalités.   
 

Augmenter collectivement les salaires, c’est aussi un enjeu de répartition des richesses entre travailleurs : pour bon nombre de travailleurs, la norme salariale négociée tous les deux ans est la seule manière de voir augmenter leurs salaires. Enfin, la norme salariale provoque aussi le sous-financement de la Sécurité sociale puisque cette dernière est principalement financée par les cotisations sociales, une partie de nos salaires. Et la Sécurité sociale constitue un outil d’assurance collective et de redistribution des richesses essentiel pour diminuer les inégalités.   

Une loi techniquement biaisée  

Le logiciel qui calcule la marge salariale (0,4%) est truqué. Par une série de mécanismes, il fait artificiellement gonfler le coût salarial horaire des belges, ce qui réduit la marge.   
 
Aujourd’hui, à l’heure où la crise du coronavirus a montré combien les travailleuses et travailleurs sont indispensables, il est essentiel de contester le cadre de la loi de 1996 et le chiffre de 0,4%. Dans ces conditions, le front commun syndical a décidé de quitter la table des négociations de l’Accord interprofessionnel 2021-2022. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement fédéral.  
 
Clarisse Van Tichelen 

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