Lettre ouverte du front commun syndical des pilotes de Brussels airlines

Mesdames,
messieurs,

Comme nous le savons tous, la crise du Corona virus a touché  notre économie et nos entreprises de plein fouet.

Au moment même où nous avons été frappés par l’arrêt complet de nos opérations, notre compagnie se remettait à peine de l'erreur, reconnue par la Lufthansa elle-même, de la tentative ratée d'intégrer Brussels Airlines dans la low-cost Eurowings. Ce manque de vision de notre direction allemande et belge nous avait déjà couté énormément d’argent ainsi que trois précieuses années qui n’ont pas été mises à profit pour réformer notre belle entreprise. 

Le temps de nous retourner, déjà affaiblis, cette crise du corona virus ne nous laisse aucune chance de survie sans financement par la Lufthansa ainsi que par l’Etat belge. Cette crise n’épargne d’ailleurs aucune compagnie aérienne et nombreuses sont celles qui ont déjà trouvé un accord pour un refinancement. 

La situation est aujourd’hui très sombre pour les milliers de travailleurs dont les emplois sont liés à notre activité aérienne ainsi qu’à tout l’écosystème qui dépend directement et indirectement de notre présence à l’aéroport de Bruxelles National. 

Nous, les employés de la Brussels Airlines, mesurons le poids de notre responsabilité envers tout ce pan de l’économie Belge qui doit se remettre le plus rapidement possible de cette crise tout en évitant une casse sociale. 

Le personnel navigant de Brussels Airlines forme une grande famille unie et nous avons ainsi décidé de prendre nos responsabilités afin de tout mettre en œuvre pour sauver notre compagnie, les emplois de nos collègues de l’aéroport ainsi que tout l’écosystème qui dépend de notre présence à l’aéroport de Bruxelles.

Nous avons bien entendu l’appel au secours lancé par notre direction ainsi que les conditions posées par l’Etat belge et nous comprenons cette nécessité de prendre des mesures fortes de réduction des coûts pour traverser la crise tout en préservant au maximum les emplois.

Brussels Airlines nous a annoncé la semaine passée son intention de se séparer de 1000 employés dont 191 pilotes et 470 membres du personnel de cabine. C’est une véritable catastrophe pour nous sachant que nous ne pourrions espérer retrouver du travail dans l’aérien avant plusieurs années.

Dans une recherche désespérée de réduction immédiate des coûts pour traverser la crise, notre direction nous a également informés de son intention de réduire tous les salaires du personnel navigant ainsi que, pour les pilotes, d’user et d’abuser d’ingénierie fiscale par l’introduction massive d’un plan « cafetaria ». Cette dernière mesure représenterait un manque à gagner de plus de 10 millions d’euro d’ici 2023 pour la sécurité sociale et imposerait aux pilotes de se voir offrir une voiture de société! Tout ceci n’est vraiment plus dans l’air du temps et n’est pas responsable ni socialement ni écologiquement. 

Après concertation entre tous les représentants de la communauté des pilotes et suivant l’exemple de nos collègues allemands et autrichiens, nous avons décidé  tous ensemble d’une solution qui générera les économies recherchées pour traverser la crise ainsi que la préservation de tous les emplois. 

Nous avons donc tous pris la décision d’accepter une réduction significative de notre temps de travail et donc de notre salaire jusqu’en 2023. Ainsi, les pilotes réduiront leur salaire jusqu’ à 45%. En procédant de la sorte, les économies proposées seront suffisantes pour maintenir tous les pilotes à bord, et même le personnel de cabine et évitera de payer dans l’immédiat plus de 22 millions d’euro de frais de licenciement pour les 191 membres du personnel navigant potentiellement concernés. La réduction de salaire quant à elle, représente jusqu’à 100 millions d’euro économisés d’ici 2023. 

A partir de 2023, la compagnie nous a déjà annoncé son plan de relance prévoyant l’arrivée de nouveaux avions, ce qui permettra  à tout le personnel un retour au travail à temps plein. 

Nous sommes convaincus que cette proposition solide et concrète rencontrera sans aucun doute la demande de la direction de Brussels Airlines et Lufthansa portant sur la réduction des coûts qui nous permettra de passer la crise. 

Nous sommes également convaincus que cette proposition rencontrera les attentes du gouvernement portant sur la préservation des emplois dans notre compagnie et de tout l’écosystème de l’aéroport.

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