Pointculture, se réinventer pour continuer

Nous vous racontions dans notre Droit de l’employé du mois de novembre 2019 les importantes modifications décidées en avril dernier par la direction de PointCulture. Pour rappel, celle-ci avait annoncé l’arrêt du prêt direct de médias, l’arrêt des discobus ainsi que l’arrêt d’achat de nouveautés. 
Fin novembre, pourtant, la Ministre de la Culture, communiquait aux travailleurs la suppression de la plupart de ces mesures. Ce revirement de situation, nous le devons grandement aux mobilisations conjointes des équipes syndicales et des usagers. 
Rencontre avec Christophe, délégué CNE PointCulture. 

Comment ont été accueillies les décisions prises par la direction?
La direction a informé le personnel lors d’une assemblée. Dès celle-ci, nous avons bien senti que le personnel n’adhérait pas du tout au projet de la direction. Les représentants du personnel, en front commun, ont alors créé un questionnaire diffusé à tout le personnel. C’était une première pour nous, on a eu plus de 80% de réponses. Dans celles-ci, on a eu 80% de personnes qui n’étaient pas d’accord avec ces mesures.

Quelle suite avez-vous décidé de donner ? 
Suite à cette enquête, on s’est dit qu’on pouvait agir, que le personnel était tout à fait en accord avec notre réaction. Voyant qu’on n’arrivait pas à être entendus lors des conseils d’entreprise suivants, on a déposé un préavis de grève en juin. Suite à celui-ci, la présidente de la commission paritaire est venue faire une conciliation au Siège.

Cela a-t-il permis d’ouvrir la discussion avec l’employeur?
Nous avons exigé d’être à leurs côtés pour discuter du contenu du plan stratégique dans ses 3 phases?: le plan de restructuration du personnel, le plan financier et la finalisation du texte du plan stratégique qui sera remis à la ministre. Des rendez-vous étaient donc planifiés durant juillet-août, ce qui n’est pas évident en raison des départs en vacances des uns et des autres mais on a réussi à organiser un calendrier permettant à un maximum de représentants d’être là à chaque fois.

Pour quels résultats? 
Sur le plan du personnel, nous avons réussi à obtenir une bonne revalorisation barémique d’un nombre important de collègues. Puisqu’ils changeaient de fonction, le barème octroyé jusqu’ici ne correspondait plus. Et on a donc convaincu l’employeur qu’ils devaient alors les faire monter d’une catégorie.

Sur le plan financier, nous avons demandé au personnel si des départs volontaires pouvaient être envisagés; ce qui a été le cas. Une seule personne a finalement été licenciée par la direction. 

Quant à la construction du texte, il n’a pas été possible d’en discuter avec eux. Plusieurs collègues se sont donc réunis pour rédiger un plan stratégique parallèle que la délégation syndicale a ensuite soumis au conseil d’administration. 

Vous avez également reçu un très grand soutien extérieur…
Tout à fait, les usagers des différents PointCulture se sont mobilisés également avec nous et ont participé aux actions mises en place. Ils ont notamment rassemblé 14.000 signatures pour la pétition qu’ils ont créée. Celle-ci a été remise au Cabinet de la ministre de la Culture conjointement par des représentants des usagers et des représentants syndicaux. Cela a réellement renforcé notre action. 

Quelles sont les difficultés rencontrées pour votre équipe?
Ce qui complique notre fonctionnement, c’est que nous sommes dispersés entre les différents points de PointCulture en Wallonie et Bruxelles. On ne se croise pour ainsi dire jamais réellement sur nos lieux de travail. On communique donc énormément par mail et notre permanente organise quelques réunions par an également. L’équipe CNE n’est pas très grande mais est vraiment solidaire et soudée.

Propos recueillis par Florence Boisart

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