PointCulture : A QUI PROFITE LA CULTURE ?

En avril dernier, la direction de PointCulture (anciennement « Médiathèque ») déclare dans la presse qu’elle arrêtera au plus vite son activité bien connue de location des médias (CD, DVD, jeux vidéo) et transformera les lieux existants en espace de coworking et de rencontre pour les associations culturelles. Cette décision a été prise sans aucune consultation ni du personnel ni des milliers d’usagers concernés.



Suite à l’intervention des délégués syndicaux soutenus par le personnel, la direction accepte de revenir à la table des négociations pour discuter du projet ainsi que des futures conditions de travail.

Il était prévu, dans le cadre d’un protocole d’accord, qu’aucun licenciement ne soit décidé jusqu’à la remise du nouveau plan stratégique. Cependant, en parallèle, alors que les discussions n’étaient pas abouties, le personnel découvre que la direction a déjà concrétisé son plan stratégique et vidé la Médiathèque de Namur de ses médias.

Licenciements

Quelques mois plus tard, la direction annonce le licenciement de 5 équivalents temps plein, sans analyser, comme elle s’y était engagée, à analyser les mesures alternatives en termes de réduction des coûts. Cette annonce a suscité de vives réactions (bureau de conciliation, pétition du comité des usagers – 14.000 signatures, soirée de soutien - plus de 100 personnes…).

Le prêt dans les médiathèques suscite encore donc un vif intérêt. En effet, PointCulture permet l’accès à une culture démocratique, abordable et locale. Elle dispose d’une offre large et diversifiée. Sur Internet, ce ne sont plus que les mastodontes de la musique (Spotify, Deezer, etc.) qui y donnent accès. Il y est donc difficile d’avoir accès à une autre culture que la culture commerciale dominante qu’on rencontre sur ces sites. 
Si le personnel peut entendre que le prêt est en perte de vitesse et qu’il est nécessaire de repenser l’avenir de PointCulture, l’arrêt immédiat, sans transition, de tout prêt est vu comme complètement insensé. Encore maintenant, l’association reçoit près de 100.000 visites par année de ses 16.000 membres pour le prêt.

Rentabilité

PointCulture ne peut pas avoir uniquement une vision de rentabilité par rapport à la culture qu’elle met à disposition des usagers. Il est nécessaire d’avoir un organisme qui permette un accès démocratique aux médias de qualité et qui n’est pas dans une vision purement commerciale. Les échanges entre les médiathécaires et les usagers en font un lieu social important. L’arrêt du prêt direct dans les médiathèques ne signe-t-il pas l’arrêt de mort de PointCulture ? 

A la CNE, outre notre travail quotidien de défense de l’emploi des travailleurs, nous avons la volonté d’impliquer les travailleurs d’une association dans les orientations de celle-ci en matière de services rendus à la population. Nous défendons une politique culturelle inclusive, garante de la cohésion sociale, dont le financement est considéré comme un véritable investissement et non pas comme un coût.

Le virage à 180° pris par PointCulture ne répond pas à ces exigences. 

C’est pourquoi la CNE (soutenus par les usagers) demande que les mesures décidées par la direction soient gelées et que puissent se mettre autour de la table les usagers, le personnel, la direction ainsi que l’administration afin de repenser le projet de PointCulture de façon démocratique et ouverte. 

Le personnel et les usagers sont motivés et mobilisés pour un gel des mesures décidées par la direction et pour rediscuter tous ensemble du projet de PointCulture. Il est syndicalement indispensable de permettre l’accès à une culture de qualité et démocratique qui ne suive pas uniquement un objectif de rentabilité.

Marine Kunzi

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