Négociations sectorielles dans le Commerce : information aux affiliés

Pourquoi nous n’avons pas signé l’accord de secteur…

Le 4 juillet, à l’issue d’une journée sous tension, les négociations ont débouché sur une proposition de texte.

La CNE n’a pas signé cet accord. Pourquoi ?

Il y avait du positif :

  1. L’augmentation salariale. Voici la 2ème fois que nous obtenons une réelle augmentation en brut dans les barèmes (26€/mois pour un temps plein + une prime unique de 7€5). La CNE a toujours été attachée à défendre un juste salaire qui puisse aussi avoir un impact positif sur la prime de fin d’année, la pension, etc. C‘est aussi un acte de solidarité fort qui permet au plus petit salaire de bénéficier de cette même augmentation.
  2. Un premier pas vers une formation réellement paritaire dans le secteur. Même si le pas est timide, le secteur va enfin se réunir pour discuter sérieusement de cet enjeu majeur. La digitalisation imprime des changements rapides dans les fonctions et métiers. Ces changements doivent pouvoir se faire avec les travailleurs en place. Pour cela, il faut les outiller, les former. Cela demande au secteur d’avoir une vision claire de l’avenir et des efforts à fournir en entreprise en matière de formation du personnel.
  3. Un premier pas aussi vers une concertation sociale un peu plus renforcée avec l’augmentation des mandats de délégués suppléants en CP311.
  4. Un engagement plus ferme et un calendrier de réunions pour des groupes de travail qui mettront sur la table des sujets majeurs pour l’avenir du secteur comme l’harmonisation des commissions paritaires, la formation, l’avenir des métiers dans le secteur…
Mais, beaucoup de choses manquaient cruellement dans cette proposition et, avant tout,… le respect !

  1. Le respect. L’arrogance a été de mise. Le secteur est aujourd’hui soumis à des changements d’importance. Ces changements impactent les travailleurs dans le contenu du travail, via l’organisation de travail ou, plus dramatiquement, au travers des licenciements pour restructuration. Il est plus que temps de trouver des réponses à cela au niveau du secteur pour éliminer cette course par les coûts que se mènent les entreprises. Cette course détricote, restructuration après restructuration, le statut des travailleurs du secteur. Elle précarise le travail et ceux qui le fournissent chaque jour. Chacun se bat dans son coin face aux demandes de dérégulation de son entreprise en entrainant tout le secteur dans une spirale descendante. Personne n’est épargné : on diminue les heures, on modifie les contrats, on change les horaires, on met beaucoup d’étudiants, on flexibilise, augmente la polyvalence, réduit les primes … Au finish, ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Pourtant, au moment de trouver des réponses qui puissent à la fois permettre aux travailleurs et aux employeurs de s’y retrouver, dans le respect de chacun, les représentants patronaux font barrage et balaient d’un revers de la main les difficultés quotidiennes des travailleurs.
  2. Durant les négociations, les représentants patronaux ont ignoré, dans un premier temps, l’intégralité du cahier de revendication du front commun syndical pour, finalement, accepter d’avancer plus que timidement sur deux aspects pourtant importants pour les travailleurs (mandats syndicaux et 4h/jour minimum après 4 ans d'ancienneté).
    Ce que disent les travailleurs n’est, semble-t-il, pas digne d’intérêt pour le banc patronal.
  3. La négociation n’a tourné qu’autour des demandes patronales pour ne finir que sur un accord minimaliste. La fédération patronale a certes abandonné des revendications imbuvables. Qui sait si elles ne seront pas relayées demain par un gouvernement fédéral ?
    Là aussi, le respect aurait demandé qu’il n’y ait pas d’agenda caché.
Enfin, en jouant la montre des négociations, les représentants patronaux ont décidé de s’asseoir sur la démocratie syndicale. Alors qu’aucune réunion n’était plus prévue, alors qu’il n’était plus possible de consulter correctement pour la CNE au coeur de l’été, alors que la fédération patronale connaissait cet agenda, elle a décidé de passer en force.

La CNE n’a pas pu consulter ses militants sur le contenu définitif de la proposition avant la date butoir du 11 juillet. C’est donc la position recueillie avant la dernière séance de négociation qui a été transmise le 28 juin, à savoir un NON à ce projet d’accord.

Entre le verre à moitié vide ou à moitié plein, nous avons opté pour le verre à moitié vide. Là encore, le manque de respect et l’arrogance amènent les représentants patronaux à balayer également la voix de nos affiliés.

Dans un accord de secteur, nous voulons trouver des solutions équilibrées et respectueuses de tous qui permettent à chacun d’entrevoir un avenir, entreprises comme travailleurs. Cette fois-ci, de cela, il n’en était pas question.

Nous méritons mieux que des miettes, nous méritons aussi du respect.
Rendez-vous en 2021 pour de nouvelles négociations !

 

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