Transport routier : "Il n’y a pas de consignes claires au niveau européen"

Philippe, transporteur routier : « Il n’y a pas de consignes claires au niveau européen »

 

Délégué principal Transcom dans une importante entreprise de logistique liégeoise, Philippe revient sur quelques conséquences du coronavirus sur les routiers. [Entretien réalisé le 25 mars]

«On a actuellement moins de travail dans notre entreprise, la plupart de nos clients se trouvant dans le nord de l’Italie et la Suisse, mais le transport de produits essentiels, comme l’alimentaire et le pharmaceutique, continue malgré tout».

«Les mesures de sécurité dictées par le ministère de la santé sont suivies: masque, gel, distanciation sociale… Mais, en dehors des sites de notre société qui se trouvent un peu partout en Europe, mes collègues se méfient des sanitaires sur les aires d’autoroute. Les chauffeurs qui descendent vers l’Italie ont également des craintes quant aux mesures de sécurité des entreprises italiennes. Il n’y a en effet pas de consignes claires et uniformes au niveau européen et cela provoque de la méfiance et une crainte légitime quant à leur sécurité et à celle de leurs proches. L’échange d’informations entre les territoires n’est pas optimal: une réglementation commune au sein de l’Europe serait nécessaire».

«Concernant les sous-traitants étrangers qui travaillent pour notre entreprise, je pense que, durant cette période exceptionnelle, on pourrait faire abstraction de la législation qui interdit le repos hebdomadaire (45h) en cabine pour éviter que ces personnes ne se retrouvent dans des endroits confinés. C’est ce qui a été décidé chez nous. Ils dorment un par un dans leur camion. Les autres dorment seuls dans des blocs bien désinfectés de quatre ou cinq lits, les dortoirs qui accueillent habituellement une cinquantaine de personnes ayant été scindés. Mais je ne suis pas sûr que ces mesures soient prises partout, ce qui risque de faciliter la propagation du virus parmi ces chauffeurs».

«Certains d’entre eux avaient des symptômes grippaux et de la fièvre. L’entreprise a décidé de les renvoyer chez eux. On ne sait pas s’ils ont le Covid-19. De plus, je ne sais pas si des mesures de précaution et de prise en charge seront prévues vis-à-vis de la famille. Il n’y a pas de législation européenne sur ces circonstances exceptionnelles. Je ne sais donc pas si leur protection et celle de leurs proches sera assurée et cela m’inquiète».

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