«Les bonnes mesures ont été prises : je me sens plus en sécurité»

Michaël, soudeur «La situation doit être plus difficile dans les sociétés où les travailleurs sont plus livrés à eux-mêmes»

Michaël est soudeur chez Franki Foundations Belgium (Saintes). Ce délégué syndical CSCBIE réalise des dépannages sur chantier pour cette entreprise experte en techniques de fondations profondes. Il témoigne des conséquences de la crise du coronavirus sur son travail.  [Entretien mis à jour le 23 mars]

La CSC BIE a dénoncé les mesures de prévention insuffisantes sur beaucoup de chantiers de construction (1). Etes-vous satisfait de la manière dont la crise est gérée par votre employeur?

«La situation doit être plus difficile dans certaines petites sociétés de construction où les travailleurs sont plus livrés à eux-mêmes. D’où l’intérêt d’une délégation d’entreprise qui peut suivre et gérer ce type de situation. Chez Franki, les mesures adéquates ont été prises. Dans l’atelier de maintenance, nous sommes habituellement 50 ouvriers. Depuis hier [le 18 mars, 1er jour de confinement NDLR], il n’y a plus qu’un électricien, un mécanicien, un tourneur et un soudeur, moi, qui travaillons. Nous sommes de garde pour le chantier en cas de besoin de dépannage. Le reste de l’équipe a été mise en chômage temporaire. Le directeur général est passé sur les chantiers pour informer les travailleurs que le choix leur était laissé, sans que cela ne leur porte préjudice, de continuer ou d’arrêter le travail. Tous les employés sont en télétravail depuis le 16 mars et les responsables de chantier ont commencé à télétravailler le 18 mars».

Comment est-il possible de télétravailler dans la construction?

«Les pieux utilisés dans les fondations du chantier sont enregistrés. On doit en mesurer la profondeur, l’armature, etc. Le machiniste envoie toutes les informations au conducteur de chantier, qui est la personne qui organise le chantier, à partir d’un logiciel. Il ne doit pas être sur le chantier pour effectuer ce travail».

Quelles sont les mesures prises sur un tel chantier pour éviter l’infection? 

«Les informations ont bien circulé, tant dans l’entreprise qu’en chantier, concernant les mesures sanitaires à prendre: garder ses distances, se laver les mains, etc. Mais, si mon entreprise est présente dans beaucoup de chantiers, nous ne sommes jamais très nombreux sur ceux-ci: trois ou quatre personnes maximum autour d’une machine de fondation et toujours en plein air. On se sent moins insécurisés que d’être sur des chantiers où il y a 20 ou 30 personnes qui se côtoient. Des mesures ont aussi été prises, par exemple, dans la gestion des baraquements, de telle manière à ce qu’il y ait maximum deux personnes par baraque pour manger».

Vous sentez-vous en sécurité?

«Le fait que seules restent sur les chantiers les personnes qui souhaitent continuer le travail et que des bonnes mesures aient été prises me fait me sentir plus en sécurité. Mais, si on peut comprendre l’importance pour le gouvernement de continuer à faire tourner l’économie en maintenant, entre autres, ce type de chantier, je pense que, dans un monde idéal, tout fermer pendant deux ou trois semaines aurait été mieux pour protéger la population à risque».

[La direction de Franki Foundations a arrêté toutes ses activités le 23 mars, NDLR].

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