Julie, gardienne à la prison de Saint-Gilles

"Respecter les mesures de distanciation sociale, c'est difficile voire impossible."

Julie (32) est gardienne à la prison de Saint-Gilles.

«La direction a beaucoup et bien communiqué, ce qui a eu un impact. Contrairement à d’autres prisons, nous n’avons pas connu de révoltes. Les détenus sont conscients que les mesures visent à les protéger. En ce qui concerne le matériel de protection, la direction a tardé à s’activer. Le personnel dispose aujourd’hui de masques, mais nous avons dû beaucoup insister pour en obtenir.

Les masques ont été cousus à l’atelier de travail de la prison des femmes de Berkendael. Respecter les mesures de distanciation sociale, c’est difficile voire impossible. Les détenues n’ont plus droit à des visites, mais les contacts en vidéoconférence annoncés avec le domicile (via Skype) ne sont pas encore en vigueur. Les détenus malades sont transférés à une section COVID à Vilvoorde. Seize membres du personnel de la prison de Saint-Gilles doivent aller travailler là-bas. Cette décision n’a donné lieu à aucune concertation.

Nous nous posons des questions. Le personnel n’a aucune formation médicale et ils courent quand même de gros risques. Ces travailleurs ne sont plus disponibles à Saint-Gilles, alors que nous manquons déjà de personnel actuellement. Les conditions de travail s’annoncent délicates cet été – quand beaucoup de membres du personnel seront en congé. Au sujet du coronavirus, le personnel est résigné. Ils sont conscients qu’ils seront quand même infectés, tôt ou tard.»

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