«Sans nous, les magasins ne sont pas remplis»

Aline travaille au sein d’un centre logistique de la grande distribution: «Sans nous, les magasins ne sont pas remplis»

Aline travaille au sein du centre logistique d’une entreprise de grande distribution. Cette déléguée Alimentation & service revient sur le surcroît de travail -important- pour le personnel qui travaille dans cette partie des entrepôts, où arrivent et d’où partent les dizaines de milliers de colis qui alimentent les magasins du groupe.  [Entretien mis à jour le 25 mars]

«Cela fait trois semaines que nous sentons une augmentation importante du travail. Nous sommes en première ligne. Sans nous, les magasins ne sont pas remplis: on fait donc plus d’heures pour qu’ils le soient. Nous commençons à travailler plus tôt, à 5 heures du matin, voire 4 heures 30 pour certains, nous travaillons également le samedi, sur base volontaire. Tout le monde est à bout et beaucoup de travailleurs ont peur face à cette inconnue».

«Alors que nous avons des stocks largement en suffisance, les personnes se sont ruées ces dernières semaines dans les magasins. Elles ont dévalisé certains rayons comme celui du riz, des pâtes ou de la farine. Depuis cette semaine, il y a quand même moins de trous dans les rayons».

«Des mesures de sécurité ont été prises. Le nombre de pauses a par exemple été augmenté pour qu’il y ait moins de personnes en même temps à table, au même endroit. Des couvercles ont été mis sur les poubelles, nous sommes bien équipés en matière de produit désinfectant. Lorsqu’il y a des soucis à l’entrepôt, lors du remplissage des charrettes, ce sont plutôt des comportements individuels, des personnes pressées qui ne respectent pas les consignes de distanciation sociale».

«Beaucoup de travailleurs viennent la peur au ventre et ont besoin d’être valorisés. La direction a pris cette semaine des initiatives intéressantes, comme celle de permettre l’achat à la cantine d’œufs, de pâtes, de lait… Elle va également proposer de nouvelles  mesures pour améliorer la sécurité des travailleurs. Mais une motivation financière, comme cela se fait dans certains autres magasins, récompensant la prise de risque que nous effectuons en venant travailler serait quand même bienvenue».

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