Les Travailleurs Sans Emploi (TSE) de la CSC EXIGENT le DROIT à l’emploi !

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La Constitution belge est exemplaire en termes de droits et de garantie de droits fondamentaux; c’est ainsi qu’elle consacre en son article 23 le principe selon lequel: « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine… notamment: 

1° le droit au travail et au libre choix d'une activité professionnelle dans le cadre d'une politique générale de l'emploi, visant, entre autres, à assurer un niveau d'emploi aussi stable et élevé que possible, le droit à des conditions de travail et à une rémunération équitables, ainsi que le droit d'information, de consultation et de négociation collective... ».

Dans un contexte de chômage élevé, le rapport de force est toujours en faveur de l’employeur. Symbolique de cet état de fait, on parle de demandeur d’emploi alors que, d’un point de vue économique, il est offreur de main-d’œuvre et c’est l’employeur qui est demandeur. L’offre étant plus élevée que la demande, le prix, à savoir le salaire et les conditions de travail, chute.

En outre, loin de reconnaître cette obligation constitutionnelle collective, les pouvoirs publics ont retourné cette charge en responsabilité individuelle où c’est la personne sans emploi qui est présumée coupable de chômage volontaire et qui doit prouver son honnêteté: garder les preuves de cette recherche d’emploi alors que nous sommes dans un contexte où il n’y a pas d’emploi pour tout le monde et que ces recherches infructueuses ont un impact délétère sur la santé. Ce qui est un non-sens complet. Les politiques de lutte contre le chômage ont jusqu’à présent été guidées par le diktat du taux d’emploi alors qu’il y a lieu de garantir un emploi de qualité pour toutes et tous. 

Pénurie d’emploi ou pénurie d’employeur? 

Chaque année, à l’instar de la rentrée littéraire, Actiris, le Forem et le VDAB sortent les listes des métiers en pénuries ou en tension. Ces listes recensent près d’une centaine de métiers dits en pénurie et ce dans divers domaines, autant dire que d’après ces listes, tous les métiers sont en pénurie.

Les TSE de la CSC ne prétendent pas du tout qu’il n’existe pas de tension sur le marché de l’emploi; simplement, l’équation qui consiste à dire que les métiers en pénurie sont dus au chômage volontaire nous semble trop simpliste. La plupart de ces métiers exigent des formations qualifiantes inaccessibles pour la plupart des sans-emploi de longue durée. En outre, le problème pour beaucoup de ces métiers est de maintenir les personnes à l’emploi plutôt que de les trouver. 

Enfin, il ne suffit pas que les sans-emploi aillent remplir ces fonctions pour régler les problèmes (aussi bien du chômage que de la pénurie). D’ailleurs, même si tous les métiers en pénurie étaient pourvus, cela ne résoudrait pas le problème d’un chômage important et structurel. 

Notre analyse, issue des expériences de terrain, nous fait dire que la question est bien plus complexe: conditions de travail difficiles, inadéquation des formations proposées, diplômes étrangers non reconnus, exigences patronales irréalistes et inutiles, volonté d’importer une main-d’œuvre étrangère, changements technologiques continus, nomadisme des hauts qualifiés, difficultés de mobilité interrégionale, nombre d’offres d’emploi artificiellement multipliées (une même offre peut se retrouver à divers endroits) ; d’aucuns prétendent qu’avec moins de 6 candidat-e-s valables pour un poste, il y a pénurie.

Les TSE de la CSC exigent l’application de la Constitution et de ce droit fondamental qu’est le droit à l’emploi et à la mise en œuvre des politiques de création d’emplois convenables: réduction collective du temps de travail, territoires zéro chômeurs de longue durée, création d’emplois de proximité adaptés, réorientation des aides à l’emploi…

Plus d’info?

Khadija Khourcha: 0473 495 903 – kkhourcha@acv-csc.be 

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