Les grévistes en danger de mort! Que fait le gouvernement De Croo? Que font les partis de "gauche"?

En guise d’ultime protestation, ce 8 juillet, les grévistes de la faim ont décidé de fermer la porte de l’église du Béguinage aux visiteurs et aux médecins après la visite d’Olivier De Schutter. Le rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits humains est venu faire un état de la situation. Les seules personnes autorisées à entrer sont les ambulanciers… 

«Ce que j'ai entendu était bouleversant, parce que beaucoup d'entre eux sont en Belgique depuis de nombreuses années. L'un d'eux est là depuis 27 ans et d'autres depuis 10, 12, 15 ans... Ils sont dans un vide juridique, alors qu'ils ont des enfants à l'école, leurs familles ici, qu'ils travaillent, mais ne peuvent pas se plaindre des formes d'exploitation auxquelles ils sont exposés», a expliqué Olivier De Schutter. Selon lui, le dispositif de régularisation actuel «laisse place à l'arbitraire le plus complet, puisqu'il n'y a pas de critères de régularisation objectifs, fondés soit sur l'intégration dans la société d'accueil, soit sur le projet de vie que les personnes se fixent. Cela rend impossible pour ces personnes de planifier leur existence et de se projeter dans l'avenir... En outre, cela les expose à une vulnérabilité considérable: beaucoup sont exploités dans des secteurs comme l'agriculture, la construction, l'horeca Suivant les procédures officielles, il pourrait faire prochainement part de ses préoccupations à la Belgique via une communication au gouvernement.

L’après-midi, un rassemblement de soutien était organisé devant l’église. Au 49ème jour de grève de la faim, l’inquiétude face a la santé des grévistes et l’indignation face au silence du gouvernement dont les partis dits «de gauche» (Ecolo, PS) sont à leur comble. Le gouvernement va-t-il laisser mourir des grévistes? C’est intenable! Philippe Vansnick de la CSC Bruxelles a rappelé que les personnes sans-papiers sur notre territoire sont avant tout des travailleuses et des travailleurs victimes de patrons abuseurs et du dumping social. «Quand un ouvrier place des plaques de gyproc, il est payé entre 12 et 15 euros de l’heure, le salaire négocié dans les secteurs. Le sans-papier lui travaille entre 2 et 5 euros de l’heure. Les organisations syndicales ne peuvent être que derrière ce combat-là. Sammy Mahdi doit travailler à des critères de régularisation clairs et transparents avec une commission de régularisation indépendante

Eva Maria Jimenez, responsable des Travailleurs et travailleuses migrant.e.s avec et sans papiers de la CSC Bruxelles a rappelé que la Belgique et les différents niveaux de pouvoir sont en infraction. «Une femme sans papiers qui se fait violer, abuser, ne peut pas porter plainte contre son violeur ou son patron abuseur. Quand l’inspection sociale constate du travail au noir, il s’en prend au travailleur, pas au patron exploiteur. Si la Belgique est un État de droit, elle doit intégrer les personnes sans papier.» 

Les 450 personnes sans-papiers en grève de la faim à l’église du Béguinage, à l’ULB et à la VUB sont en danger de mort! Si le gouvernement Vivaldi ne veut pas avoir du sang sur les mains, il doit agir en urgence!

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