Assurance autonomie: une occasion manquée

Si elle n’a pu être votée lors de la dernière législature, la mise sur pied d’un assurance autonomie reste un enjeu important pour la CSC wallonne, pour répondre, entre autres, au défi du vieillissement.

La CSC wallonne réclame depuis longtemps une assurance autonomie. Cette assurance vise à permettre à toute personne en perte d’autonomie (accident, maladie, handicap…) de recevoir une aide à domicile, quel que soit son âge. S’agissant des personnes âgées, cette assurance leur permettrait de pouvoir faire le choix de rester à leur domicile plutôt que de partir en maison de repos.

La Flandre ayant créé, en 2001, sa propre assurance autonomie en dehors de la sécurité sociale, elle a rendu ipso facto impossible son intégration au niveau fédéral et renvoyé aux gouvernement wallon (et au gouvernement bruxellois qui planche, lui aussi, sur cette question) la mise sur pied de ce régime assurantiel.

Une problématique brûlante à l’heure où le vieillissement de la population va augmenter
considérablement le nombre de situations de dépendance, et donc les besoins en termes d’aide et de soins.

Des avancées…

Si une occasion en or a été manquée de finaliser cette assurance lors de la dernière législature, les bases ont néanmoins été posées, au même titre que les revendications de la CSC Wallonne. Elles devraient constituer le fil rouge revendicatif lorsque la question sera remise sur le tapis une fois les nouveaux exécutifs mis en place.

La CSC wallonne soutenait le principe d’ouvrir le droit à des prestations de services (repas à domicile, aide aux soins, aide à l’hygiène…) plutôt que l’octroi d’une somme d’argent aux personnes.

Pour assurer ces prestations de services, le projet prévoyait la stabilisation des métiers de l’aide à domicile (aide familiale, aide ménagère et garde à domicile). La création de 2.000 équivalents temps pleins était également à l’ordre du jour, ainsi que l’amélioration
des conditions de travail des professionnelles et professionnels par une hausse des normes d’encadrement. S’agissant de ces travailleurs, le gouvernement wallon décidait, quelques jours avant les élections, d’octroyer le statut d’employé aux aides familiales et aux gardes à domicile, et de financer ce passage pour le quatrième trimestre 2019.

… et des points à régler

Les modalités de financement de l’assurance autonomie posaient problème à la CSC. La cotisation, payée par chaque Wallon à partir de 26 ans à concurrence de 36 euros par an (18 euros pour les bénéficiaires de l’intervention majorée), est la même pour
tous. Le caractère forfaitaire de cette cotisation la rend inéquitable puisqu’elle n’est pas proportionnelle au niveau des revenus.

Le gouvernement avait programmé les moyens issus du budget wallon pour assurer
la pérennité de l’assurance: de 15 millions en 2019 à 60 millions en 2026. Un financement correct de l’assurance lorsqu’elle sera en vitesse de croisière est indispensable. Sans cela, elle risque de n’être réservée qu’aux cas les plus lourds, de voir une limitation de l’accès aux services ou d’aboutir à une augmentation de la cotisation.

Le jour où cette assurance sera votée, sous la forme laissée par le gouvernement sortant ou sous une autre, la question de la portabilité de ces droits devra également être réglée. En effet, la CSC wallonne souhaite que des accords soient passés entre
les entités fédérées et avec les pays voisins pour permettre aux personnes en perte d’autonomie de conserver leur droit si elles changent de domicile.

D.Mo.

• Un article du magazine L'Info CSC

Personalization