Pour une solution durable à la situation des 150.000 personnes sans-papiers présentes en Belgique

Les Migrants CSC appellent le gouvernement Vivaldi et particulièrement le Secrétaire d’Etat Sammy Mahdy à trouver une solution durable à la situation des 150.000 personnes sans-papiers présentes en Belgique.

Les personnes sans-papiers qui occupent depuis plusieurs semaines des sites de l’ULB, de la VUB et l’église du Béguinage à Bruxelles ont entamé, depuis six jours, une grève de la faim. Les occupants revendiquent l’établissement de critères de régularisation clairs et objectifs et la mise en place d’une commission de traitements des demandes de régularisation.

Les Migrants CSC appellent le gouvernement Vivaldi, et particulièrement le Secrétaire d’Etat, à trouver une solution durable à la situation des 150.000 personnes sans-papiers présentes en Belgique.

Plusieurs constats nous alarment:

Selon certaines estimations, il existerait actuellement en Belgique environ 150.000 personnes sans-papiers. Il s’agit principalement d’hommes et de femmes qui sont en âge de travailler, mais aussi d’enfants et d’autres membres de leur famille.

La fabrique à sans-papiers se poursuit sans qu’aucune solution ne leur soit apportée: 60% des demandeurs d’asile risquent de devenir des personnes sans-papiers. Quand une procédure d’asile et les recours introduits n’aboutissent pas à un titre de séjour, la personne reçoit un ordre de quitter le territoire. La plus grosse partie des personnes sans-papiers sont des personnes qui se trouvent sur le territoire depuis plusieurs années: 10 ans, 15 ans et parfois même plus. Ce sont des travailleurs et travailleuses qui pour la plupart d’entre eux ont des enfants qui sont nés en Belgique ou qui sont scolarisés ici.

La surexploitation de ces travailleurs et travailleuses est réelle alors qu’elles contribuent à l’économie nationale de par leur travail et leur consommation: Sans droits, sans voix, les personnes sans-papiers sont particulièrement exposées à la plus grande précarité et à l’exploitation des patrons véreux. Ils vivent en marge de la société car ils n’ont pas de droit de séjour et, de ce fait, ils travaillent de manière informelle sans que leur travail ne puisse produire des cotisations reversées à la sécurité sociale. Les personnes sans-papiers sont contraintes de travailler au noir pour pouvoir survivre, payer leur logement, se chauffer, s’habiller, se nourrir, etc. Cette nécessité les place en situation de dépendance par rapport à des patrons abuseurs qui profitent des failles de la législation. Cependant, les personnes sans-papiers contribuent à l’économie nationale de par leur travail alors qu’ils souhaitent payer des impôts comme les travailleurs sans-papiers ne cessent de nous le répéter. D’ailleurs selon un calcul de la CSC Bruxelles, si 100.000 travailleurs sans-papiers étaient régularisés, cela rapporterait 65 millions aux caisses de l’état. La crise du coronavirus a encore accentué leur situation extrêmement précaire.

Nos demandes au gouvernement Vivaldi et particulièrement au Secrétaire d’Etat issues de notre dernier Congrès national en 2019:

  • Les sans-papiers qui séjournent et/ou travaillent ici depuis un certain temps déjà doivent être régularisés. Cette régularisation doit intervenir dans un délai raisonnable, sans arbitraire et donc sur la base de critères clairs et objectifs avec une commission indépendante pour traiter les demandes. La protection et la régularisation des travailleurs et travailleuses qui dénoncent des abus doivent être réglées de manière adéquate.

  • Un mécanisme de plaintes efficace doit être prévu au niveau européen pour les migrantes et migrants dont les droits humains ne sont pas respectés. Il faut aussi un plan pour lutter contre la violence faite à ces personnes et leur exploitation par des trafiquants d’êtres humains, des patrons abuseurs et des États, avec une attention spécifique pour la violence sexuelle. Il faut permettre que les travailleurs et travailleuses exploités puissent porter plainte contre les employeurs abuseurs via un mécanisme qui les protège durant toute la procédure.

C’est pourquoi nous appelons chaque citoyen.ne à signer la pétition sur le www.weareBelgiumtoo.be

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