Et si on pédalait pour aller au boulot?

En Belgique, la moitié des navetteurs automobiles habitent à moins de 10 km de leur travail. Une distance réalisable à vélo pour des travailleurs en bonne santé, sous réserve d’équipements et d’infrastructures suffisamment sécurisants. 

Pédaler le matin pour vous rendre au travail? Une idée qui séduit de plus de plus de Belges, même si la culture du vélo varie sensiblement d’une région à l’autre(1): à Bruxelles, l’usage du vélo (4%) a plus que triplé depuis 2016 mais reste encore bien inférieur à la Flandre (18%). En Wallonie, les cyclistes sont encore peu nombreux (2%) même si leur nombre tend à augmenter dans les grandes villes.

Le Bureau fédéral du plan, organisme indépendant d’intérêt public, estimait l’an dernier que le nombre de kilomètres parcourus dans la catégorie «vélo et/ou marche» pour les déplacements domicile-travail devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 0,4% entre 2015 et 2040. Et c’était une estimation faite avant le coronavirus…

Depuis la pandémie de ce printemps, se pose de façon aigüe la question d’une mobilité respectueuse de la distanciation physique et des précautions sanitaires. Alors, pour éviter la multiplication des voitures sur les routes, les villes et communes ont accéléré la mise en place d’aménagements (temporaires ou non) qui assurent le confort et la sécurité des piétons et des cyclistes. 

Mesures régionales

Fin avril, la ministre bruxelloise de la Mobilité annonçait un plan vélo incluant 40 km supplémentaires de pistes cyclables en Région bruxelloise. Avec pour ambition d’équiper la capitale de véritables corridors cyclables qui permettent aux Bruxellois et aux navetteurs de rejoindre leur destination en toute sécurité. La Région bruxelloise a aussi obtenu 4,7 millions de l’Europe (Fonds FEDER) pour favoriser l’utilisation de vélos cargos, tant pour les livraisons que pour les déplacements privés. Objectif: effectuer la moitié des livraisons par vélo cargo à Bruxelles. Avec pour conséquence de voir diminuer le nombre de camionnettes, sources d’embouteillages et de pollution de l’air…

Côté wallon, le ministre Henry en charge de la Mobilité a également prévu des aides financières pour soutenir les communes qui aménagent des espaces sécurisés pour la mobilité douce. Plusieurs villes wallonnes (Liège, Charleroi, Namur, etc.) ont déjà répondu à l’appel et offrent désormais plus de place et donc de sécurité aux piétons et aux vélos.

Le Plan wallon Infrastructures 2020-2026 a également prévu une enveloppe pour financer des aménagements cyclables et piétons sur les voiries régionales et améliorer, au niveau du RAVeL, les liaisons avec les gares ferroviaires et les pôles d’activité. Citons encore le projet de création de corridors vélos autour des grandes villes wallonnes: Liège, Charleroi, Namur, axe ArlonMarche ainsi qu’entre le Brabant wallon et Bruxelles. Il s’agit de «voies express» où les cyclistes peuvent rouler vite, contrairement au RAVeL qui est partagé avec d’autres usagers et où les cyclistes doivent modérer leur vitesse. Ces «corridors-vélos» seront particulièrement intéressants pour les utilisateurs de vélos à assistance électrique ou de speed pédélec (qui peuvent atteindre facilement 45 km/h).

Primes wallonnes et communales

En Wallonie, la Région prévoit aussi une prime de 200 à 400 euros à l’achat d’un vélo (classique, électrique, cargo ou pliable, neuf ou d’occasion) pour les trajets domicile-travail. Toutes les modalités de cette prime ne sont pas encore connues. 

Une trentaine de communes en Wallonie et à Bruxelles proposent également des primes à l’achat d’un vélo à assistance électrique. 

Enfin, les vélos sont autorisés gratuitement dans les trains du 1er juillet au 31 décembre. Il sera toutefois nécessaire de se munir d’un ticket «supplément vélo» mais qui sera gratuit.

 

banner-mobilite-duo-FR

Plus d'actualités

Personalization