Titres services pour l’accueil de l’enfance: une mauvaise idée

Le nouveau Gouvernement wallon a l’intention d’« étendre le mécanisme des titres-services à l’accueil et au transport d’enfants de 3 à 11 ans. » : cela figure dans la Déclaration de Politique régionale, qui indique par ailleurs que ce mécanisme permettra de proposer une alternative de qualité aux parents qui ont des horaires tardifs tout en créant de l’emploi stable et de qualité dans ce secteur. Le Gouvernement entend également veiller au renforcement des qualifications et à une formation adéquate des encadrants. 

Avec tous les acteurs du secteur de l’enfance, la CSC Wallonne adhère à l’objectif d’augmenter l’offre d’accueil d’enfants entre 3 et 11 ans, car les besoins des parents sont infiniment plus importants que les réponses qui y sont actuellement apportées. Le secteur de l’accueil extra-scolaire s’est considérablement développé ces dernières années, avec un accroissement de l’offre et une professionnalisation constante, mais il ne parvient pas à rencontrer toutes les demandes. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses, notamment en raison d’une plus grande flexibilité des horaires de travail des parents et de l’augmentation du nombre de ménages monoparentaux. L’offre est même  inexistante dans certaines zones.

Par ailleurs, la CSC Wallonne met également en avant la nécessité de renforcer l’offre d’accueil d’enfants malades, au domicile des parents, pour lesquels des institutions de grande qualité existe, mais en nombre trop limité pour faire face aux demandes. 

Par contre, la CSC Wallonne s’oppose fermement à ce que le dispositif des titres-services soit utilisé pour pallier au manque de structures adaptées.

Ce dispositif a été mis au point au début des années 2000 pour notamment régulariser le statut professionnel des personnes qui effectuaient des prestations à domicile essentiellement du nettoyage et du repassage. Il a fait ses preuves dans ce domaine, puisqu’il a conduit à la création de plusieurs milliers d’emplois et permis à de très nombreuses personnes en situation de précarité d’intégrer le marché du travail et d’être couvertes par la sécurité sociale.

Toutefois, nous estimons qu’il présente certains défauts, dont celui de ne pas être accessible aux utilisateurs qui disposent d’un revenu modeste (ils ne bénéficient pas, par exemple, de la réduction d’impôt). Or, beaucoup de parents qui travaillent selon des horaires flexibles sont précisément occupés dans des secteurs ou des métiers où le temps partiel est important et la rémunération souvent assez faible : Horeca, distribution, nettoyage, petits boulots, etc. 

Par ailleurs, l’accueil et la garde d’enfants sont des métiers pour lesquels une formation et une qualification professionnelle sont indispensables, avec des règles précises qui sont convenues entre les acteurs du secteur et reconnues par les pouvoirs publics. La déclaration du Gouvernement  wallon ne nous rassure pas à ce propos.  Nous plaidons pour que la Région wallonne et la Région bruxelloise investissent dans l’accueil extra-scolaire, en donnant à la Fédération Wallonie-Bruxelles qui assure la compétence sur ce secteur, les moyens financiers d’accroître l’offre qui existe aujourd’hui de la part d’opérateurs de qualité. 

Nous attendons également des communes qu’elles jouent leur rôle en la matière, comme certaines le font déjà largement aujourd’hui, en mobilisant les moyens financiers nécessaires.

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